dimanche 11 octobre 2020

Heureux... St Grégoire de Naziance

Heureux celui qui mène une vie solitaire, qui n’est pas mêlée à ceux qui marchent sur la terre, mais qui a divinisé son esprit. 
Heureux celui qui, mêlé à la foule des hommes, n’était pas un de leurs habitués, mais a envoyé tout son cœur à Dieu.
Heureux celui qui a acquis le Christ de préférence à tous les biens, et qui a pour seule richesse la croix, qu’il lève bien haut. 
Heureux celui qui gère honnêtement ses biens, et qui peut tendre la main de Dieu aux indigents. 
Heureuse la vie des bienheureux qui ne connaissent pas les liens, qui sont auprès de la pure Divinité, ayant renversé la chair d’une secousse. 
Heureux celui qui ayant un peu cédé aux lois du mariage, conduit la plus grande partie de son amour vers le Christ. 
Heureux celui qui exerçant le pouvoir sur le peuple, conduit le Christ aux mortels par des sacrifices saints et grands. 
Heureux celui qui étant l’enfant du troupeau, conduit, en parfait rejeton, à la patrie du Christ céleste. 
Heureux celui qui, grâce aux grands élans d’un esprit pur, contemple la splendeur des lumières célestes.
Heureux celui qui honore le Seigneur de ses mains qui ont beaucoup peiné, et qui est pour beaucoup une règle de vie. Toutes ces choses ont réalisé la plénitude des vases célestes, destinés à recevoir le fruit de nos âmes, chaque vertu conduisant dans un lieu. Car nombreuses sont les auberges des nombreux genres de vie. 
Heureux celui que le grand Esprit a révélé dépourvu de passions, celui qui a ici-bas une vie d'affliction, celui qui est toujours insatiable de la nourriture céleste, celui qui par sa douceur est l’héritier de grands biens, celui qui par ses entrailles attire sur lui la grande miséricorde de Dieu, ami de la paix, et pur de cœur, celui qui a supporté de nombreuses souffrances pour le Christ glorieux et qui obtiendra une grande gloire. 
Amen. » 

St Grégoire de Naziance

samedi 3 octobre 2020

St François prie...




Thomas de Celano dit de François : 
« Ce n’était plus un homme qui priait, c’était la prière faite homme ! » 
Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, toi qui fais des merveilles,
Tu es fort, tu es grand, Tu es le Très-Haut, tu es le roi tout puissant ; toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.
Tu es trois et tu es un, Seigneur Dieu, tu es le bien, tu es tout bien, tu es le souverain bien, Seigneur Dieu vivant et vrai.
Tu es amour et charité, tu es sagesse, tu es humilité, tu es patience, tu es beauté, tu es douceur, tu es sécurité, tu es repos, tu es joie, tu es notre espérance et notre joie, tu es justice, tu es mesure, tu es notre richesse et surabondance.
Tu es beauté, tu es douceur, tu es notre abri, notre gardien et notre défenseur, tu es la force, tu es la fraîcheur.
Tu es notre espérance, tu es notre foi, tu es notre amour, tu es notre grande douceur, tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout puissant, O bon Sauveur ! 
Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur ; donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ; donne-moi de sentir et de connaître, afin que je puisse l’accomplir, ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer. Amen.
St François d'Assise

 

lundi 14 septembre 2020

La Croix Glorieuse...

 La dernière apparition accordée à Lucie eut lieu le 13 juin 1929, alors qu’elle était au couvent de Tuy, en Espagne. Elle avait obtenu la permission de faire une heure sainte, de 11 heures à minuit, du jeudi au vendredi de chaque semaine. Une nuit, Lucie se trouvait seule dans la chapelle et disait les prières de l’ange, quand soudain toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle et sur l’autel apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond. Dans une lumière plus claire on voyait sur la partie supérieure de la croix une tête d’homme dont on voyait le corps jusqu’à la ceinture ; sur la poitrine une colombe également lumineuse et, cloué sur la croix le corps d’un autre homme. Un peu au-dessous de la ceinture de celui-ci, suspendu en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient le long du visage du crucifié et sortaient aussi d’une blessure de la poitrine. Coulant sur l’hostie, ces gouttes tombaient dans le calice. Sous le bras droit de la croix se trouvait Notre Dame (c’était Notre Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé dans la main gauche, sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes). Sous le bras gauche, de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’autel, formaient ces mots « Grâce et Miséricorde. » Lucie comprit qu’il lui était montré le mystère de la très sainte Trinité. Ensuite Notre Dame lui dit : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les Evêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. » Cette demande avait été annoncée par l’apparition du 13 juillet 1917, dans ce qui était appelé alors le secret de Fatima.
Par Laurent D.  www.croix-glorieuse.org


dimanche 30 août 2020

Sur les routes France... l'abbaye de Rhuys

                                                                                                                                     
La rentrée se profile... une dernière étape : la presqu'île de Rhuys, l'abbaye  de Rhuys, et saint Gildas...









dimanche 23 août 2020

Sur les routes de France... la vallée des fresques.


 Une promenade poitevine autour de Montmorillon...


De Montmorillon et l'église St Laurent aux fresques romanes de Saint Savin en passant par Angles sur l'Anglin...





Pour finir l'été en douceur...









lundi 17 août 2020

Serge... En Dieu

Serge est entré dans la Vie, saisi dans le beau mouvement de l'Assomption: gageons que Marie l'a pris par la main.. Dans l'oratoire, une bougie l'a accompagné jusqu'au bout, avec d'humbles prières qui ont entouré de tendresse sa femme, ses enfants et sa petite-fille...                                                                       

"Loué sois-tu, mon Seigneur,
Pour notre sœur la Mort corporelle [...]
Heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté,
Car la seconde mort ne pourra leur nuire."

vendredi 14 août 2020

L'Assomption....




Contemplons les visages de Marie... "Ave Maris Stella"


Salut, Étoile de la mer, Douce Mère de Dieu, Mère toujours vierge
Heureuse porte du ciel.

Sainte Marie, Sainte Mère de Dieu, Sainte Vierge des vierges

Mère de la divine grâce, Mère de miséricorde, Mère très pure, Mère très chaste
Mère toujours vierge, Mère sans tache, Mère aimable, Mère admirable
Mère du Créateur, Mère du Sauveur, Mère du Rédempteur
Vierge très prudente, Vierge vénérable, Vierge digne de louange
Vierge glorieuse, Vierge puissante, Ô Vierge clémente
Ô Vierge douce, Ô Vierge fidèle, Reine des Anges
Reine des Patriarches, Reine des Prophètes, Reine des Martyrs
Reine des vierges, Reine des Apôtres, Reine des Confesseurs
Reine de tous les Saints, Reine du très saint Rosaire, Reine de la Paix

Miroir de la justice, Siège de la sagesse, Cause de notre joie
Vase spirituel, Vase d’honneur, Rose mystique, Tour de David, Tour d’ivoire
Maison d’or, Arche d’alliance, Étoile du matin, Salut des infirmes
Consolatrice des affligés, Refuge des pécheurs
Ô Marie.

Toi qui reçus cet Ave de l’ange Gabriel,
Accorde-nous la paix en retournant le nom d’Eva.

Délie les chaînes des coupables donne la lumière aux aveugles
Écarte nos maux, obtiens-nous tous les biens.

Montre que tu es mère : qu’il reçoive de toi nos prières,
Celui qui, en naissant pour nous, a bien voulu dépendre de toi.

Prie Marie
Prie Sainte
Prie Miséricordieuse
Prie Pleine de grâce
Prie Rose
Prie Reine
Prie Splendeur radieuse
Prie

Donne (nous) la paix, ô Vierge sans pareille,
Douce ente toutes, délivre-nous de nos fautes,
 Rends-nous doux et chastes. 
Rends pure notre vie, rends sûre notre route, afin que, contemplant Jésus,
Nous partagions sans fin ta joie.

Gloire soit à Dieu le Père, honneur au Christ souverain, au Saint-Esprit,
Pour les Trois une seule louange.
Prie pour nous, Sainte Marie.
Amen.
 Traduction de Thierry Machuel


jeudi 13 août 2020

Sur les routes de France... Notre Dame de Laghet



Assomption oblige, un lieu de pèlerinage marial : Notre Dame de Laghet, près de Nice.




Une région magnifique qui marie la montagne et la mer, un sanctuaire paisible, ou comment allier spiritualité et détente :
si vous passez par là...



jeudi 6 août 2020

Transfiguration...

Icône du monastère de Bose
Icône du monastère de Bose

 "Jésus montra ce mystère à ses disciples sur le mont Thabor. Tandis qu'il cheminait au milieu d'eux, il les avait entretenus de son règne et de son deuxième avènement dans la gloire. Mais parcequ'ils n'étaient peut-être pas suffisamment certains de ce qu'il leur avait annoncé au sujet de son règne, il voulut qu'ils finissent par être très fermement convaincus au fond de leur coeur, et que les événements présents les aident à croire aux événements à venir. C'est pourquoi, sur le mont Thabor, il leur fit voir une merveilleuse manifestation divine, comme une image préfigurative du royaume des cieux. C'est exactement comme s'il leur disait : "Pour que le retard n'engendre pas en vous l'incrédulité, dès maintenant, immédiatement, vraiment, je vous le dis, il y en a parmi ceux qui sont ici qui ne connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venir dans la gloire de son Père."

Et, voulant montrer que la puissance du Christ s'accorde avec sa propre volonté, l'évangéliste ajoute : Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène à l'écart sur une haute montagne Et il fut transfiguré devant eux, son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements, blancs comme la neige. Et voici que leur apparurent Moïse et Elie, qui s'entretenaient avec lui.

Telles sont les merveilles divines de la présente solennité ; tel est le mystère, accompli pour nous sur la montagne aujourd'hui, mystère qui est en même temps un acte sauveur. Car ce qui nous réunit est en même temps initiation au mystère du Christ et rassemblement pour sa célébration. Afin donc que nous pénétrions dans les mystères sacrés et inexprimables avec ceux qui ont été choisis parmi les disciples inspirés par Dieu, écoutons la voix divine et très sainte qui, comme d'en haut et du sommet de la montagne, nous convoque de la façon la plus persuasive. [...]

Accourons donc, dans la confiance et l'allégresse, et pénétrons dans la nuée, ainsi que Moïse et Elie, ainsi que Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette contemplation et cette manifestation divines, soit magnifiquement transformé, sois emporté hors du monde, enlevé de cette terre ; abandonne la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre disait, ravi hors de lui-même: Seigneur, il nous est bon d'être ici !

Certainement, Pierre, il est vraiment bon d'être ici avec Jésus, et d'y être pour toujours. Qu'y a-t-il de plus heureux, qu'y a-t-il de plus sublime, qu'y a-t-il de plus noble que d'être avec Dieu, que d'être transfiguré en Dieu dans la lumière ? Certes, chacun de nous possédant Dieu dans son cœur, et transfiguré à l'image de Dieu doit dire avec joie : Il nous est bon d'être ici, où tout est lumineux, où il y a joie, plaisir et allégresse, où tout, dans notre cœur, est paisible, calme et imperturbable, où l'on voit Dieu : là il fait sa demeure avec le Père et il dit, en y arrivant : Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison. Là tous les trésors des biens éternels sont présents et accumulés. Là sont présentées comme dans un miroir les prémices et les images de toute l'éternité à venir."

Anastase d'Alexandrie, homélie sur la transfiguration, extraits

samedi 1 août 2020

Sur les routes de France... St Céneri le Gérei

Un village de la Sartre, une chapelle ermitage, et le lieu d'inspiration de nombreux peintres comme Corot, Courbet ou Buffet, entre autres, pour une halte champêtre...



Dans l'église médiévale, le Chemin de Croix en étain créé par Christian Malezieux





samedi 25 juillet 2020

Sur les routes de France... Villefranche de Rouergue

Une visite panoramique des sites religieux de Villefranche de Rouergue, en Aveyron. 
Cette bastide mérite bien un détour...









Deux lieux à découvrir : la chapelle des pénitents noirs...


                              
...et Notre Dame de Treize Pierres et les fresques de Nicolaï Greschny.

                     

  




samedi 18 juillet 2020

Sur les routes de France... Ronchamp

« Le véritable voyage, ce n’est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c’est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l’instant baigne tous les contours de la vie extérieure. »
Antoine de Saint-Exupéry





Une invitation à l'intériorité... ou le plaisir de découvrir ou redécouvrir la colline de Notre Dame du Haut et la maîtrise architecturale de Le Corbusier.

Nos soeurs Clarisses peuvent vous accueillir au monastère Sainte Claire... 

Bonne promenade !




dimanche 12 juillet 2020

Sur les routes de France... Fontfroide


Pour les amateurs de vielles pierres, dans les premiers contreforts des Corbières, une abbaye cistercienne se visite des dortoirs aux jardins... 






Elle accueille des concerts et des expositions et un parcours nocturne son et lumière en juillet et août. 
Assez fréquentée, certainement, l'abbaye n'en est pas moins très  belle...



vendredi 10 juillet 2020

C'est à la Trinité que l'âme se donne... E. Stein

" La vie divine qui se développe dans l’âme qui aime Dieu, ne peut être rien d’autre que la Trinité de la divinité. C’est à la Trinité que l’âme se donne, elle se livre à la volonté du Père, et le Père engendre à nouveau son Fils en elle. Elle s’unit au Fils et voudrait se perdre en Lui, afin que le Père ne voit plus rien en elle, d’autre que son Fils. Et sa vie s’unit à l’Esprit- Saint qui est une effusion de l’Amour divin. Dieu se donne lui-même à l’âme en vie de grâces et de gloire, Il lui donne une vie divine et l’attire à l’intérieur de sa vie divine. Tel est le sens de tout être dont la réalité est une ascension du fini à l’éternel. " 
Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein) "l'Etre fini et l'Etre éternel" 

mardi 7 juillet 2020

Sur les routes de France... Sylvanès

Un festival... 
Une résidence d'artistes... 
Et à proximité, une église orthodoxe... 
 
Au coeur d'une vallée boisée de l'Aveyron, en Occitanie, 
l'ancienne abbaye cistercienne de Sylvanès...


Bonne découverte !

"Parce que l’art joue un rôle majeur dans le vivre ensemble, l’Abbaye de Sylvanès multiplie les rencontres entre les artistes et les publics de tous âges.
La beauté, la sérénité et la qualité de son site architectural et naturel font de Sylvanès un lieu de patrimoine vivant particulièrement propice à la réflexion et la création. C’est un formidable lieu d’hospitalité, d’inspiration et d’enchantement qui favorise l’imagination, l’expérimentation et la transmission.
Être en résidence, pour un artiste, c’est accepter de partager des moments privilégiés avec différents publics à travers un atelier, une lecture, ou un spectacle.
Aller à la rencontre de ces artistes, pour le public, c’est l’occasion de découvrir le processus de création d’un spectacle, se questionner, comprendre, mais aussi, se changer les idées et s’enthousiasmer !"




samedi 27 juin 2020

Sur les routes de France... Conques

L'abbaye de Conques et le prieuré sainte Foy...

"...Une communauté visible, fraternelle, accueillante et priante, enrichie de la présence des hospitaliers bénévoles.
Huit frères de Mondaye, âgés de 33 à 85 ans, vivent, prient et travaillent à Conques tout au long de l’année, engagés dans la vie paroissiale et diocésaine, l’animation du sanctuaire et l’accueil des pèlerins et des retraitants... "


 La page Facebook du prieuré :

Que l'été vous soit doux !





dimanche 14 juin 2020

Adoration... St T. De Villeneuve

« Ô mon Dieu, Vous me commandez de Vous aimer plus que toute chose ; Vous me le commandez de la manière la plus stricte, et sous peine d'être à jamais privé du bonheur de Vous contempler dans le Ciel. Mais quoi, Seigneur, est-il donc possible que j'ai besoin d'un semblable précepte ? Créé que je suis à votre Image, racheté par le Sang précieux de votre Fils, est-il nécessaire que Vous me commandiez de Vous aimer ? Ô mon Dieu, ce précepte me confond, mais qu'il est consolant, qu'il est aimable ! Ô Seigneur, je Vous rends d'immortelles actions de grâces de ce que Vous m'avez expressément obligé de Vous aimer. Eh ! Qu’y a-t-il de plus doux, de plus juste, de plus glorieux, que cet Amour ? Quelle est la créature qui, Vous connaissant, pourrait se défendre de Vous aimer ? Que je meure, ô mon Dieu, plutôt que de cesser de Vous aimer. Que ma main se dessèche, si jamais je Vous oublie ; que ma langue s'attache à mon palais, si Vous n'êtes pas toujours le premier objet de ma joie et de mon amour ». 
Saint Thomas de Villeneuve

lundi 8 juin 2020

Parabole...


J'ai envie de te conter une histoire courte, un peu comme une image peinte en mon cœur depuis quelques jours, je ne sais pas pourquoi.

Vois un chemin. Un long chemin de poussière et de pierre blonde. Au bout du chemin, un puits, dans un paysage aride, de longues tables rocheuses coulées de lumière, de la lavande, du thym, des fleurs menues blotties en touffes claires au creux de la roche. Vers la gauche, le plateau ploie et s'emplit de terre rousse, de hauts murs enserrent une vigne féconde, taillée et rangée, où l'on s'active.
La lumière ruisselle sur les jeunes grappes et les baigne. Patiemment.

Le maître de la vigne passe souvent sur le chemin, avec sa mère. Il veille, il conseille, il étend sa vigilance à chacun, et à chaque cep. Nul n'est oublié, il n'est pas une grappe qu'il ne remarque et qu'il ne soigne lui-même quand les ouvriers sont occupés ailleurs. Sa mère l'accompagne, apporte à boire et à manger aux ouvriers, les écoute, les console, porte leurs doléances à son fils.
Au soir, ils restent souvent à parler au puits, puis ils prennent le chemin du retour.

Au bord du chemin, il y a une vigne sauvage, qui donne du petit grain pour les oiseaux. C'est là toute sa vocation, offrir un peu de nourriture et une ombre fraîche. Elle a poussé seule, on ne sait trop comment, dans la pierre. Il y avait du soleil, et comme elle l'a vu, elle a grandi vers lui parce qu'elle espérait sa clarté.
Elle regarde passer le maître de la vigne et elle l'aime : jamais il ne manque de s'arrêter auprès d'elle et de lui parler doucement. Son regard est soleil, sa parole est pluie bienfaisante, ses mains la guident vers plus de lumière, plus de chaleur, et parfois il rit, il cueille les grains petits et acides qu'elle offre aux oiseaux, il dit : " ils apaisent ma soif", il s'assoit à son ombre et se repose enfin, et elle étire ses sarments, elle appelle la brise, elle veille sur son sommeil... Et quand il s'éveille, il sourit, laisse les feuilles étroites effleurer son front, il dit aussi : "tu es un temps de ma liberté"...
Elle l'aime. Elle est sienne, la sauvage, parce qu'elle s'est donnée pour rien. Personne ne l'a plantée, personne ne l'a taillée, et là il rit encore : c'est moi qui t'ai plantée pour moi et pour les oiseaux, pour mon repos... pour rien d'important. C'est elle alors qui rit.

Quand il ne vient pas, sa mère verse sur la pierre un vase de l'eau du puits, fraîche et vivante, et la pierre la boit. Il en reste toujours un peu dans un creux, pour le bain des oiseaux. La vigne pose son ombre là, exprès, et l'eau demeure.

Un jour s'est levé un vent ardent en tourbillons. Il a balayé le plateau, brûlant la pierre et les fleurs claires. Les murs ont vacillé, le soleil s'est fait de feu, la terre a craquelé, les oiseaux se sont enfuis. Les ouvriers ont manqué à la vigne parce qu'ils étaient saisis dans cette tourmente et cherchaient à s'abriter. Ils n'avaient pas tous vocation de martyrs. La belle vigne tremblait en son clôt, les grappes trop lourdes séchaient sur pied, les feuilles jaunissaient. Toute l'eau du puits était pour l'irrigation, mais le vent furieux la buvait largement au passage. Le maître de la vigne avait prévenu, il avait appelé, mais les ouvriers n'avaient pas entendu, alors il était là, il travaillait comme chacun. Parfois, il levait les yeux sur la vigne de son repos, il lui souriait de loin, et elle frémissait, vaillante, elle pensait à lui, elle l'aimait d'autant plus qu'il ne venait plus vers elle, sa mère non plus, il n'y avait plus d'eau pour elle.
Le vent avait balayé ses feuilles et le petit grain noir qu'elle offrait aux oiseaux : elle était nue, ses sarments s'étiraient sur la pierre, dans leur faiblesse, mais elle souriait toujours au maître. Elle l'aimait. Il savait cela.

La belle vigne souffrait. Les grains fripés s'embuaient au froid de la nuit et perdaient leurs dernières forces. Les ouvriers désertaient parce que l'ouvrage était trop dur : ils étaient peu nombreux, les nuits étaient trop froides et les jours trop brûlants. Beaucoup s'en allaient.
Le maître les regardait, il leur remettait leur salaire, et même davantage. Il les bénissait.
Un matin, il est monté jusqu'au chemin, il s'est avancé vers la vigne sauvage, il s'est agenouillé devant elle, il a touché les sarments amaigris, il a dit "veux-tu ?" Il la regardait, elle était libre, elle avait le choix, elle a dit oui, alors, d'un coup, il a tranché le cep.

Mon frère, de son cœur a jailli une eau pure et un soupir. Jamais la source n'a tari. La belle vigne a mangé la vie de la vigne aux oiseaux. Les grappes fripées ont gonflé à nouveau.
Cette vie n'était pas pour elle, elle venait de lui, elle était pour lui.
Elle n'était rien d'important.

Quand il passe sur le chemin, il sourit. Il voit l'eau jaillissante, il en boit parfois, puis il s'éloigne avec sa mère.
 Jaloux est son nom M. Felix.

dimanche 7 juin 2020

O mes Trois... Elisabeth de la Trinité

O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier  entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire Sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.
O mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous même », d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.
O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.
O Feu consumant, Esprit d'amour, « survenez en moi » afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».
O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.

dimanche 31 mai 2020

Pentecôte... notes de Maurice Zundel

Un vitrail, vu dans l’obscurité, ne donne aucune impression de magnificence, même si on en connaît tous les détails. Ce n’est que dans la clarté du jour qu’il prend vie.

Il en est de même de l’enseignement divin. Les Apôtres ont suivi Jésus, ils l’ont vu mourir sur la Croix et ressusciter trois jours après. Leurs rêves s’écroulent. Ils n’ont rien compris. Ils voient qu’il n’y aura pas de royaume d’Israël, que toutes les promesses des prophètes valent aussi bien pour les gentils que pour eux-mêmes. Ils sont déçus. Le Maître ne revient pas.

Mais soudain, comme un vitrail qui s’illumine, le vrai visage de Jésus leur apparaît dans toute sa splendeur. Le jour de la Pentecôte, ils sentent la brûlure d’un feu mystérieux, et leurs intelligences s’éclairent, leurs cœurs s’ouvrent à l’Amour. Au-dedans d’eux-mêmes, ils découvrent Jésus. Ils comprennent le sens des Paroles qui leur ont été dites. Et Pierre se souvient… « Lorsque tu étais jeune, tu allais où tu voulais, mais quand tu seras vieux, un autre te ceindra et tu iras où tu ne veux pas aller. » (Jn. 21:18)

Il faut en effet, se laisser faire, laisser Dieu agir en nous. Et Pierre découvre le vrai Dieu ! Le Dieu vivant qui est au plus intime de son cœur, le Dieu qui a tout fait par Amour, le Dieu qui appelle sa créature, le Dieu qui meurt pour la sauver, pour briser la carapace de son cœur qui s’est trop longtemps refusé.

Et Pierre comprend le mystère de la Croix, le mystère de l’Amour d’un Dieu. La rencontre est consommée. Le disciple devient cri d’amour, il lâche ses espérances de chair pour se donner à Dieu et au prochain. Il est au cœur du premier Amour. Il partira à la conquête du monde. Tel est le Dieu que nous avons à retrouver au plus intime de nous-même, dans le feu de la Pentecôte. Quelle est en nous la naissance de la religion ? C’est une voix que nous percevons au-dedans de nous, une voix qui est l’Amour et qui nous demande l’amour. Qu’admirons-nous dans les Saints ? Ce que nous admirons, c’est une Présence que nous portons en nous et qui s’incarne en eux avec une beauté particulière.

Pour être assuré de l’existence de Dieu, il suffit d’écouter en notre âme cet appel incessant à la beauté, à l’Amour. Il y a en effet en nous Quelqu’un qui n’est pas nous, Quelqu’un qui demande à se réaliser en nous, mais qui ne peut le faire sans nous.

Nous avons en nous un trésor immense et nous savons bien qu’en le trahissant, nous éteignons une lumière, nous devenons mur opaque. La valeur infinie, vivante en nous, valeur qui couronne de splendeur tous nos sacrifices, ne peut régner, à travers nous, sans le consentement de notre cœur.
Maurice Zundel (notes de Pentecôte 1936) 


jeudi 21 mai 2020