jeudi 13 juin 2019

Charis, l'Esprit en marche...



En créant Charis, structure cherchant à unifier toutes les expressions du Renouveau charismatique, le pape François frappe fort. Désormais, il donne aux mouvements charismatiques les moyens de jouer un rôle fondamental auprès de l’Église toute entière. Pas de doute, la révolution de l’Esprit-Saint est en marche.
Le Vatican était-il préparé à un tel choc sismique ? Dans la salle Paul VI, se déroule un spectacle pour le moins inhabituel : un flot de chants en langue vient faire trembler ses murs. Une bourrasque d’Esprit-Saint. Et pour cause. Plus de 550 responsables de mouvements charismatiques sont réunis pour prier. Des quatre coins du monde, ils sont venus se préparer au lancement de Charis, un nouveau service unique pour le Renouveau charismatique lancé le 9 juin prochain, jour de la Pentecôte. Pour beaucoup, il s’agit d’un moment historique.

On les comprend car la nouveauté est de taille : sous la houlette du Dicastère pour la famille, les laïcs et la vie, le Saint-Siège offre par cette création une reconnaissance ecclésiale officielle. Si cet appui du Vatican marque un pas supplémentaire pour ce courant spirituel, il faut comprendre que ce nouvel outil permettra d’abord de viser “une plus grande communion” entre toutes les réalités charismatiques, a confié Jean-Luc Moens, son modérateur.

Concrètement, le pape François veut inviter toutes les institutions issues du Renouveau – écoles, communautés, instituts – à faire corps ensemble pour annoncer l’Évangile. Et ce, sans nier la richesse et la diversité de chacun d’entre eux ! De même, les mouvements charismatiques internationaux existants disparaissent pour laisser place à Charis.

Mais cet appel à  l’unité a un but précis pour le pape François. Avec cet organe, le pape argentin  veut inviter les catholiques charismatiques à se mettre “au service de l’Église toute entière”, explique le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie.

Cette reconnaissance ecclésiale doit les pousser à partager leurs charismes avec tous les fidèles. Car le Renouveau, tel un “courant de grâce”, n’appartient à personne, mais doit s’écouler dans les veine de chaque fidèle et devenir le patrimoine de l’Église.
  
Pour enflammer les paroisses du monde entier, Charis fonde sa mission sur plusieurs points fondamentaux. Tout d’abord, ses membres sont appelés à promouvoir “la grâce du baptême dans l’Esprit-Saint à toute l’Église”. Cette expérience de l’effusion de l’Esprit, vécue dès la création du Renouveau charismatique dans les années 60, est appelée à être expérimentée de tous et ne doit plus se limiter à 120 millions de catholiques dans le monde. Similaire à ce que les apôtres ont vécu à la Pentecôte, le baptême dans l’Esprit-Saint consiste à être immergé, rempli de l’Esprit Saint.

 En outre, le service aux plus pauvres et la dimension œcuménique  sont appelés à grandir dans l’Église grâce à Charis. Ces lignes de mire ne visent pas autre chose que la promotion d’une nouvelle évangélisation, cœur du pontificat de François. Un autre enjeu : coopérer avec toute l’Église, et même ceux qui ne partagent pas cette forme de prière.

Dans les années à venir, Charis prévoit donc de déployer un arsenal de moyens dans le monde entier : dans chaque pays, seront créés “des services de communion”. À travers ces antennes, le service prévoit ainsi d’épauler toutes les expressions du Renouveau charismatique : en leur offrant des formations, en les aidant à discerner et en les encourageant dans leur mission. Mais surtout,  ces antennes favoriseront la mise en relation entre les évêques locaux et les délégués nationaux de Charis.

D’ailleurs, chaque conférence épiscopale a reçu une lettre du Saint-Siège l’informant du lancement du mouvement. Comme une préparation de l’Église à une nouvelle Pentecôte. Pour les catholiques charismatiques, l’enjeu est de taille et le cardinal Farrell l’a répété : ils doivent entrer en coopération avec “tous les évêques du monde” et tous les membres de l’Église. Et ce, même si ceux-ci ne partagent pas leur forme de prière. Un challenge que seul le Saint-Esprit leur permettra d’accomplir !

Né sous Paul VI, largement encouragé par Jean Paul II et confirmé par Benoît XVI, le Renouveau charismatique trouve aujourd’hui en François un partenaire de taille. Car si l’éclosion de Charis a été préparée par ses prédécesseurs, le pape argentin en est le véritable créateur.

En 2015, lors du Jubilé d’or et à la surprise générale, il avait lancé un appel pour réfléchir à la création d’un tel service. Et le cardinal Farrell de souffler que le pontife n’avait de cesse de le relancer sur le Renouveau à chaque fois qu’il le rencontrait ! Oui, le pape avait cette idée dans le cœur depuis bien longtemps… Ceux que l’on appelle avec humour les ”dévisseurs d’ampoules” sont désormais appelés à illuminer de leur feu l’Église. A l’Esprit-Saint, rien n’est impossible…
Claire Guigou , Aleteia 08 juin 2019






vendredi 31 mai 2019

Visitation...

 
"C'est le lieu de notre joie et de notre repos" 
                                                                  Jeanne de Chantal

jeudi 30 mai 2019

Ascension, homélie de Léon le Grand

Par Brian Jekel
Dans la solennité pascale, la Résurrection du Seigneur était la cause de notre joie ; de même, sa montée au ciel nous donne lieu de nous réjouir, puisque nous commémorons et vénérons comme il convient ce grand jour où notre pauvre nature, en la personne du Christ, a été élevée plus haut que toute l'armée des cieux, plus haut que tous les chœurs des anges, plus haut que toutes les puissances du ciel, jusqu'à s'asseoir auprès de Dieu le Père. C'est sur cette disposition des œuvres divines que nous sommes fondés et construits. La grâce de Dieu devient en effet plus admirable lorsque les hommes ayant vu disparaître ce qui leur inspirait de l'adoration, leur foi n'a pas connu le doute, leur espérance n'a pas été ébranlée, leur charité ne s'est pas refroidie.
Voici en quoi consiste la force des grands esprits, telle est la lumière des âmes pleines de foi : croire sans hésitation ce que les yeux du corps ne voient pas, fixer son désir là où le regard ne parvient pas. Mais comment une telle piété pourrait-elle naître en nos cœurs, comment pourrait-on être justifié par la foi, si notre salut ne consistait qu'en des réalités offertes à nos yeux ?
Ce qui était visible chez notre Rédempteur est passé dans les mystères sacramentels. Et pour rendre la foi plus pure et plus ferme, la vue a été remplacée par l'enseignement : c'est à l'autorité de celui-ci que devaient obéir les cœurs des croyants, éclairés par les rayons du ciel.
Cette foi, augmentée par l'Ascension du Seigneur, et fortifiée par le don du Saint-Esprit, n'a redouté ni les chaînes, ni les prisons, ni l'exil, ni la morsure des bêtes, ni les supplices raffinés de cruels persécuteurs. Dans le monde entier, c'est pour cette foi que non seulement des hommes, mais des femmes, et aussi de jeunes enfants et de frêles jeunes filles ont combattu jusqu'à répandre leur sang. Cette foi a chassé des démons, écarté des maladies, ressuscité des morts.
Par Macha Chmakoff
Les saints Apôtres eux-mêmes, fortifiés par tant de miracles, instruits par tant de discours, avaient cependant été terrifiés par la cruelle passion du Seigneur et n'avaient pas admis sans hésitation la réalité de sa résurrection. Mais son Ascension leur fit accomplir de tels progrès que tout ce qui, auparavant, leur avait inspiré de la crainte, les rendait joyeux. Ils avaient dirigé leur contemplation vers la divinité de celui qui avait pris place à la droite du Père. La vue de son corps ne pouvait plus les entraver ni les empêcher de considérer, par la fine pointe de leur esprit, qu'en descendant vers nous et qu'en montant vers le Père il ne s'était pas éloigné de ses disciples.
C'est alors, mes bien-aimés, que ce fils d'homme fut connu, de façon plus haute et plus sainte, comme le Fils de Dieu. Lorsqu'il eut fait retour dans la gloire de son Père, il commença d'une manière mystérieuse, à être plus présent par sa divinité, alors qu'il était plus éloigné quant à son humanité.
C'est alors que la foi mieux instruite se rapprocha, par une démarche spirituelle, du Fils égal au Père; elle n'avait plus besoin de toucher dans le Christ cette substance corporelle par laquelle il était inférieur au Père. Le corps glorifié gardait sa nature, mais la foi des croyants était appelée à toucher, non d'une main chamelle mais d'une intelligence spirituelle, le Fils unique égal à celui qui l'engendre.
Léon le Grand

dimanche 12 mai 2019

Mois de Marie...


Je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime,
Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon coeur
Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
Si je te contemplais dans ta sublime gloire
Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux
Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !...
...
Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui.
Aimer c'est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton cœur maternel,
Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel.
...
Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor... Mère... voici le soir !...
Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême
Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant
Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime
Et redire à jamais que je suis ton enfant !...
                                                                      Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

mercredi 8 mai 2019

La tendresse... Jean Vannier

Jean Vannier, fondateur de l'Arche, est entré en son éternité le 7 mai 2019...

Le cœur de l'Arche, c'est la tendresse, 
et le message que l'on souhaite transmettre, c'est : Je t'aime comme tu es.


samedi 4 mai 2019

M'aimes-tu ?

Nous voulons évoquer l’échange entre Jésus et Pierre après la Résurrection, où Jésus demande trois fois à Pierre s’il l’aime : Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » - « Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. « Jésus lui dit : « Pais mes brebis. » Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : « M'aimes-tu ? », et il lui dit : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. « (Jn 21, 15-17).

Avant d’être un échange qui aurait une incidence sur le rôle de Pierre dans le collège des apôtres, le récit souligne avant tout, encore une fois, l’exigence de l’amour : la vocation de l’homme est d’abord d’aimer Dieu, hier, aujourd’hui, demain. Si l’amour de Dieu envers les hommes est constant, il n’en n’est pas ainsi pour l’amour des humains : nous pouvons aimer aujourd’hui, mais pas demain. Chaque jour Jésus nous demande : M’aimes-tu ? Chacun jour, comme Pierre, il nous incombe de répondre : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime.

On peut voir dans le texte grec de cet échange une exigence d’amour encore plus élevée. La première et la deuxième fois que Jésus demande à Pierre : M’aimes-tu ?, le texte grec utilise le mot agapas, du substantif agapè, mot habituellement désigné pour exprimer l’Amour divin. Pierre répond avec le mot philo, du substantif philia, qui exprime l’amour humain. À la troisième échange, Jésus utilise le mot phileis et Pierre répond de nouveau avec le mot philo. On peut voir dans ce choix de verbes dans le texte grec un appel à un amour pour Jésus, pour Dieu, plus élevé que l’amour entre les hommes : Jésus nous invite à l’aimer, à aimer Dieu, avec le même amour que Dieu nous aime – Jésus nous avait déjà invité, dans le sermon sur la montagne, à être parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5,48).
Paul Ladouceur

dimanche 28 avril 2019

Ouvre la porte de ton ciel... Bx G. de Saint Thierry

Bourdichon, "gdes heures d'Anne de Bretagne"
Les richesses infinies de ta Gloire, Seigneur, étaient profondément cachées dans le ciel de ton Secret, jusqu'à ce que, par la lance du soldat, les Sacrements de notre rédemption se répandent du côté ouvert de ton Fils, notre Seigneur et notre Rédempteur ; de telle sorte que nous ne mettions plus, comme Thomas, nos doigts en Son côté, mais que nous entrions tout entiers jusqu'à ton Cœur, Jésus, par cette porte ouverte, là où la miséricorde est certaine, jusqu'à ton âme sainte, pleine de toute la plénitude de Dieu, pleine de grâce et de vérité, de notre salut et de notre consolation.

Ouvre-nous, Seigneur, la porte de l'arche de Ton côté, pour qu'entrent tous ceux que Tu sauveras de la venue de ce déluge qui inonde la terre ; ouvre-nous le Côté de ton Corps, pour qu'entrent ceux qui désirent voir les secrets du Fils, et qu'ils reçoivent les Sacrements qui en débordent et le prix de leur rédemption. 
Ouvre la porte de ton Ciel, pour que ceux que Tu as rachetés voient les biens du Seigneur sur la terre des vivants, eux qui peinent encore sur la terre des mourants ; qu'ils les voient et qu'ils les désirent, qu'ils brûlent et qu'ils courent, eux pour qui Tu as été fait la Voie par laquelle on va jusque-là, la Vérité à laquelle on va, la Vie pour laquelle on va : la Voie, exemple d'humilité ; la Vérité, exemple de pureté ; la Vie, celle qui est éternelle. 
Bienheureux Guillaume de Saint-Thierry

dimanche 21 avril 2019

"Qu’est-ce que le Printemps" Marie Noël










Alléluia ! Fais, ô soleil, la maison neuve ! 
Mes sœurs, que chacune se meuve
Avec des mains de ménagère et des doigts gais…
C’est Pâques ! Jetons hors les poussières obscures, 
Frottons de sable fin les clefs et les serrures, 
Pour que la porte s’ouvre en paix. 

Cirons doux, cirons vif les battants des armoires, 
La fenêtre en rit dans leurs moires ! 
Frottons ! Qu’elle se mire au luisant du parquet. 
Vêtons-lui ses rideaux de fraîche mousseline…
Quel ouvrage ! A-t-on cuit le gâteau d’avelines
Et mis sur la table un bouquet ? 

Alléluia ! Nous avons fini d’être mortes, 
De jeûner, de fermer nos portes, 
Le cœur clos et gardé par les effrois pieux. 
Le Prêtre a délivré la flamme et les eaux folles, 
Notre âme sort et s’amuse dans nos paroles
Et notre jeunesse en nos yeux.

Ouvre tout grand la porte à la Semaine Sainte. 
Mon cœur en moi sautille et tinte
Ainsi qu’une clochette en or vif qui se tut
Et s’en revient de Rome après les temps mystiques
Me donner l’envolée et le ton des cantiques
Pour l’allégresse du salut. 

Mais avec ma corbeille il faut que je m’en aille
Chercher les œufs frais dans la paille…
Aux vignes d’alentour ont fleuri les crocus
En rondes d’or et tenant leurs mains verdelettes
J’ai vu dans les fossés des nids de violettes
Et des coucous sur les talus. 

Les poules ont pondu très loin dans la campagne. 
Dans le matin qui m’accompagne ? 
Venez-Vous-en seul avec moi, mon Bien-Aimé…
Quelle parole avant d’y penser ai-je dite ? 
Où donc est ce Bien-Aimé-là, dis, ma petite ? 
Qui d’un tel Nom as-tu nommé ? 

Est-ce Jésus, ô moi qui ne connais point d’homme ? 
Le Dieu martyr que dans Son somme
Hier nous avons veillé toute la nuit au cœur, 
Pleurant d’amour sur Son tombeau, de deuil voilées ? 
Est-ce le Printemps doux et ses graines ailées
Qui nous a soufflé dans le cœur ? 

Mon bien-aimé, ce n’est qu’un mot, ce n’est personne. 
Mais de l’avoir dit je frissonne
Et je suis parfumée et je suis en rumeur
Comme une fiancée au roi qui l’aime offerte, 
Je frémis et me sens comme la terre, ouverte
Toute grande aux pieds du semeur. 

Quel germe au loin flottant va me voler dans l’âme ? 
Quel est le grain qu’elle réclame
Pour être avec les fleurs une fleur de l’été
Et pour porter des fruits quand passera l’automne ?… 
Il est doux, invisible et léger, il chantonne
A travers le vent enchanté.

Qu’est-ce que le Printemps, ô Jésus, mon doux Maître ? 
L’Ange des révoltes peut-être
Qui change d’un regard et la terre et les eaux
Pour me séduire et m’agite neuve et rebelle, 
Moi qui devrais vous être une calme chapelle
Ainsi que l’herbe et les rameaux. 

Ah ! De lui maintenant pourras-tu me défendre ? 
Ô Christ, il Te fallait l’attendre
Sur ta Croix de salut tous les jours sans guérir
Et me faire couler sur le cœur, de Tes plaies, 
Ton sang, pour que cherchant Tes épines aux haies, 
A Tes pieds j’adore mourir. 

Mais ce matin que l’Ange a remué la pierre, 
Ô Toi debout dans la lumière, 
Ressuscité de l’aube aux pieds couleur du temps, 
Toi qui dans le jardin as rencontré Marie
Que feras-Tu, jardinier de Pâques fleuries, 
Pour me défendre du Printemps ? 

 Marie Noël

samedi 20 avril 2019

Samedi saint

 Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude, un grand silence parce que le Roi dort.
La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles.
Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli.
Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers.
Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort.
Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Ève captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur fils (...)

Fra Angelico, "Descente aux limbes"
Le Christ, ayant saisi Adam par la main, lui dit :
«Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts...
Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, Je suis la Vie des morts.
Lève-toi, œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image.
Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi.

À cause de toi, moi ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi ton Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave.
Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme, sans protection, libre parmi les morts.
Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré dans le jardin et crucifié dans le jardin…
Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi.
Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer.
Lève-toi, partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle.
Levez-vous, et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du Paradis, de la terre au ciel.

Mon Père céleste attend la brebis perdue, la salle des noces est préparée, le Royaume des cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.

Saint Épiphane de Salamine (IVe siècle)


jeudi 18 avril 2019

Jeudi saint

Cette nuit est de silence… le silence d’une absence.

L’oratoire est clos, les icônes voilées de soie.
La nuit l’épouse.

C'est son absence qui nous dévoile la Présence. 


Dans la chambre haute, un reposoir, baigné du parfum des lilas comme d’un encens…





dimanche 14 avril 2019

Rameaux...


Jésus trouve beaucoup d'amateurs de son royaume céleste, mais peu de porteurs de sa croix.
Il trouve beaucoup de compagnons de sa table, mais peu de son abstinence.
Tous veulent la joie avec le Christ, mais peu veulent supporter quelque chose pour lui.
Beaucoup suivent Jésus jusqu'à la fraction du pain, mais peu jusqu'à boire le calice de la Passion.
Beaucoup vénèrent ses miracles, mais peu le suivent jusqu'à l'ignominie de la croix.
Beaucoup aiment Jésus tant qu'il ne leur arrive aucune adversité.
Beaucoup le louent et le bénissent tant qu'ils reçoivent de lui quelque consolation ; mais dès qu'il se cache et les laisse un peu à eux-mêmes, voilà qu'ils tombent dans les revendications et un excessif abattement.
Mais ceux qui aiment Jésus pour Jésus et non pour quelque consolation personnelle, le louent et le bénissent dans la tribulation et l'angoisse du cœur, autant que dans la plus grande consolation. 
Imitation de Jésus-Christ, II, 11.


O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour



O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour
Et la blessure est encore vibrante,
O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour.

Voici mon sang que je n'ai pas versé,
Voici ma chair indigne de souffrance,
Voici mon sang que je n'ai pas versé.

Voici mon cœur qui n'a battu qu'en vain
Pour palpiter aux ronces du Calvaire,
Voici mon cœur qui n'a battu qu'en vain.

Voici mes yeux, luminaires d'erreurs
Pour être éteints aux pleurs de la prière,
Voici mes yeux, luminaires d'erreurs.

Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Quel est le puits de mon ingratitude,
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon.

Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Toutes mes peurs, toutes mes ignorances,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur.

Vous connaissez tout cela, tout cela
Et que je suis plus pauvre que personne,
Vous connaissez tout cela, tout cela.
           
Mais ce que j'ai, mon Dieu, je vous le donne.
                                                        Paul Verlaine 



jeudi 11 avril 2019

Vous trouverez un petit âne attaché...

Icône ukrainienne vers 1570
"Cet ânon avait bien des propriétaires avant que le Sauveur en eût besoin, mais, dès que Jésus en devint le Seigneur, ces propriétaires n'existèrent plus ; en effet, ‘personne ne peut servir Dieu et Mamon’ (Mt 6,24). Lorsque nous sommes esclaves du mal, nous sommes les sujets de beaucoup de passions et de vices. L'ânon est donc détaché parce que le Seigneur en a besoin. 
Maintenant encore, le Seigneur a besoin de l'ânon. 
Vous êtes cet ânon. 
En quoi le Fils de Dieu a-t-il besoin de vous ? Qu'attend-il de vous ? 
Il a besoin de votre salut, il veut vous délier des liens du péché."

Origène

dimanche 7 avril 2019

De la Loi à la Grâce...

Vasili Podenov, "le Christ et la femme adultère"
La Loi  était gravée dans la pierre...

Jésus écrit sur du sable...                                                                                
                                          
La pierre est devenue sable, la Loi toute entière s'accomplit dans la Grâce...


dimanche 31 mars 2019

Nous fêterons ton retour... Péguy

Trop gardé les cochons
Enfant prodigue
Et trop dansé la gigue
O folichon

La maison de ton père
Est là devant
Viens couche-toi par terre
Face en avant

Nous tuerons le veau gras
Nous fêterons
Ton retour en ce jour
Assis en rond

                 Charles Péguy , La Ballade du coeur qui a tant battu

dimanche 24 mars 2019

Pax Christi...

Si tu crois qu’un sourire est plus fort qu’une arme,
Si tu crois à la puissance d’une main offerte…
Si tu sais regarder l’autre avec un brin d’amour,
Si tu sais préférer l’espérance au soupçon…
Si tu estimes que c’est à toi de faire le premier pas, plutôt qu’à l’autre,
Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin…

Si l’injustice qui frappe les autres te révolte autant que celle que tu subis,
Si pour toi l’étranger est un frère qui t’est proposé.
Si tu sais donner un peu de ton temps par amour,
Si tu sais accepter qu’un autre te rende service,
Si tu partages ton pain et que tu saches y joindre un morceau de ton cœur,
Si tu crois qu’un pardon va plus loin qu’une vengeance…

Si tu peux écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder ton sourire,
Si tu sais accueillir et adopter un avis différent du tien,
Si tu refuses de battre ta coulpe sur la poitrine des autres,
Si, pour toi, l’autre est d’abord un frère…

Si tu préfères être lésé que de faire du tort à quelqu’un,
Si tu te ranges du côté du pauvre et de l’opprime sans te prendre pour un héros,
Si tu crois que l’amour est la seule force de dissuasion
Si tu croix que la paix est possible,
… alors viendra la Paix
P. Guilbert, « Pax Christi »