dimanche 29 septembre 2019

Journée du migrant du réfugié...

Enfants de Riace, en Calabre



« S’ouvrir aux autres n’appauvrit pas mais enrichit, car cela aide à être plus humain ; à se reconnaître partie active d’un ensemble plus grand et à interpréter la vie comme un don pour les autres ; à voir comme but, non pas ses propres intérêts mais le bien de l’humanité »
Pape François  

samedi 21 septembre 2019

Inonde-moi de ton Esprit... J H Newman


Seigneur Jésus, inonde-moi de ton Esprit et de ta Vie. 
Prends possession de tout mon être pour que ma vie ne soit qu'un reflet de la tienne. 
Rayonne à travers moi, habite en moi, et tous ceux que je rencontrerai pourront sentir ta Présence auprès de moi. 
En me regardant, ils ne verront plus que toi seul, Seigneur ! 
Demeure en moi et alors je pourrai, comme toi, rayonner, au point d'être à mon tour une lumière pour les autres, lumière, Seigneur, qui émanera complètement de toi. 
C'est toi qui, à travers moi, illumineras les autres. 
Ainsi ma vie deviendra une louange à ta gloire, la louange que tu préfères, en te faisant rayonner sur ceux qui nous entourent. 
Par la plénitude éclatante de l'amour que te porte mon cœur. Amen.
Cardinal John Henry Newman

jeudi 5 septembre 2019

Le chemin d'Assise...


Dernier volet de ces temps de vacances : une invitation à la paix...

"Ce chemin se veut être, depuis sa création, une démarche de pèlerinage dans l’esprit de Saint François. Il ne faut donc pas s’attendre à y trouver tout le « confort » ni toutes les « facilités » d’un itinéraire de randonnée, tant en ce qui concerne le balisage que les hébergements ou les possibilités de ravitaillement.

L’accueil de l’imprévu voire de l’inconfort, la recherche de la simplicité voire de la sobriété sont les conditions les plus courantes pour qui se met en chemin vers Assise.

Elles permettent ainsi de s’imprégner de  l’esprit de l’évangile tel que St François a choisi de le vivre." 


Carte et texte sont extraits du blog de l'Association "Chemins d'Assise"




dimanche 25 août 2019

Si tu es tombé...

« Si tu te trouves blessé pour être tombé en quelque défaut lié à ta faiblesse, ou même parce ce que tu auras commis volontairement quelque chose de mal, ne perds pas courage et ne te trouble pas ; au contraire, tourne-toi aussitôt vers Dieu et parle-lui ainsi : « Et voilà, Seigneur ! Je me suis comporté pour ce que je suis ! Et à part des chutes, que pouvait-on attendre de moi ? » Et là, humilie-toi un instant à tes propres yeux, regrette l’offense faite au Seigneur, et sans t'accabler, manifeste ton dédain pour tes passions vicieuses, principalement pour celle qui t'a été occasion de chute.
Continue ensuite de cette façon : « Et je n'en serais pas resté là, Seigneur, si par ta bonté tu ne m'avais retenu ! » Et rends-lui grâce, l'aimant plus que jamais dans son incroyable clémence, lui qui te tend la main droite pour que tu ne retombes pas, alors même que tu viens de l'offenser. Ceci fait, ne cherche pas davantage si Dieu t'a pardonné ou non : ce ne serait qu'orgueil, inquiétude d'esprit, perte de temps et tromperie du démon sous l'apparence de quelque bon prétexte. T'abandonnant délibérément entre les mains miséricordieuses de Dieu, continue plutôt ce que tu faisais comme si rien n'était arrivé. 
Et si bien des fois, chaque jour, tu retombais et restais blessé, il te faudrait répéter avec la même confiance ce que je viens de dire, une deuxième fois, une troisième fois et ainsi de suite, et encore plus la dernière fois que la première.»
Lorenzo Scupoli, Le Combat spirituel, 26.
Traduction M de Longchamp pour Magnificat

mardi 20 août 2019

Dans le silence... St Bernard

« Celui qui veut prier en paix ne tiendra pas seulement compte du lieu, mais du temps. Le moment du repos est le plus favorable et lorsque le sommeil de la nuit établit partout un silence profond, la prière se fait plus libre et plus pure. « Lève-toi la nuit, au commencement des vigiles, et épanche ton cœur comme de l'eau devant le Seigneur ton Dieu ». Avec quelle sûreté la prière monte dans la nuit, quand Dieu seul en est témoin, avec l'ange qui la reçoit pour aller la présenter à l'autel céleste ! Elle est pure et sincère, quand la poussière des soucis terrestres ne peut pas la salir. Il n'y a pas de spectateur qui puisse l'exposer à la tentation par ses éloges ou ses flatteries.
C'est pourquoi l'Épouse [du Cantique des Cantiques] agit avec autant de sagesse que de pudeur lorsqu'elle choisit la solitude nocturne de sa chambre pour prier, c'est-à-dire pour chercher le Verbe, car c'est tout un. Tout est en lui : les remèdes à tes blessures, les secours dont tu as besoin, l'amendement de tes défauts, la source de tes progrès, bref tout ce qu'un homme peut et doit souhaiter. Il n'y a aucune raison de demander au Verbe autre chose que lui-même, puisqu'il est toutes choses. »
St BernardSermon 86 sur le Cantique des Cantiques 

jeudi 15 août 2019

Marie, Mère des vivants...


Dans son amour profond pour la Mère des vivants,  écrit : " Lorsque l’âme est toute pénétrée par l’amour de Dieu, oh ! comme tout est bon alors, comme tout est rempli de douceur et de joie ! Mais, même alors, on n’échappe pas aux afflictions, et plus grand est l’amour, plus grandes sont les afflictions. La Mère de Dieu n’a jamais péché, même par une seule pensée, et elle n’a jamais perdu la grâce, mais, elle aussi, eut à endurer de grandes afflictions. Quand elle se tenait au pied de la Croix, sa peine était vaste comme l’océan. Les douleurs de son âme étaient incomparablement plus grandes que celles d’Adam lorsqu’il fut chassé du Paradis, parce que son amour était, lui aussi, incomparablement plus grand que celui d’Adam. Et si elle resta en vie, c’est uniquement parce que la force du Seigneur la soutenait, car le Seigneur voulait qu’elle voie sa Résurrection, et qu’après son Ascension elle reste sur terre pour consoler et réjouir les Apôtres et le nouveau peuple chrétien. "

Saint Silouane l’Athonite

dimanche 11 août 2019

Quand le ciel s'expose...


Lumières célestes...

Marcoville invite le ciel dans l'église Saint Julien de Tours jusqu'au 22 septembre 2019... De quoi enchanter les messes !
Claire Jeanteur a suivi son travail et nous le propose dans ce film produit par la CFRT : La pêche intérieure



mercredi 31 juillet 2019

Prière d'abandon de st Ignace de Loyola


Prenez dans vos mains, Seigneur,
ma liberté entière;
Recevez ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j'ai
Tout ce que je possède,
C'est vous qui me l'avez donné.
Je vous le rends et vous le livre
sans réserve;
Pour le soumettre entièrement
à votre Volonté.
Donnez-moi seulement
Votre Amour et votre Grâce
Et je serai suffisamment comblé.
Je ne demande rien au-delà.
                                Saint Ignace de Loyola.

dimanche 21 juillet 2019

L'abbaye Saint Martin du Canigou...



Après les champs de lavande de l'abbaye de Sénanque, une invitation à faire retraite... en hauteur !


           


Comment mieux en parler que les frères et soeurs qui veillent sur ce lieu :

"L’abbaye romane Saint-Martin-du-Canigou a été fondée autour de l’an mille par Guifred II, comte du Conflent et de Cerdagne. Au cœur du massif du Canigou, dans un décor somptueux, elle se dresse vers le Ciel. Dans son écrin de verdure, ce bijou du premier art roman cache un trésor autrement plus grand pour les hommes et les femmes, jeunes ou moins jeunes, en quête d’un lieu de ressourcement : la présence de Jésus-Christ, qui y est prié et adoré.
La Communauté des Béatitudes à qui l’évêque de Perpignan confie ce haut-lieu depuis 1988 y accueille toute l’année les nombreux promeneurs, touristes et pèlerins, pour des visites guidées et pour la liturgie. Elle y reçoit aussi des personnes désireuses de vivre quelques jours de ressourcement spirituel pour se mettre à l’écoute de Celui qui parle au cœur.
Nous vous souhaitons donc une bonne visite en attendant peut-être de vous accueillir en nos murs. 
Que le Seigneur vous bénisse !
Les frères et sœurs de l’abbaye Saint-Martin-du-Canigou"

Pour plus d'informations :

Abbaye Saint-Martin-du-Canigou





vendredi 12 juillet 2019

Prologue de la règle de saint Benoît...

St Benoît
"Écoute, ô mon fils, les préceptes du Maître, et prête l’oreille de ton cœur. Reçois volontiers l’enseignement d’un père plein de tendresse et mets-le en pratique, afin que le labeur de l’obéissance te ramène à celui dont t’avait éloigné la lâcheté de la désobéissance. À toi donc s’adresse maintenant ma parole, qui que tu sois, qui renonces à tes propres volontés, et pour combattre sous le vrai Roi, le Seigneur Christ, prends en main les puissantes et glorieuses armes de l’obéissance.
D’abord, en tout bien que tu entreprennes, demande-lui par une très instante prière qu’il le mène à bonne fin. Ainsi, lui qui a daigné nous compter parmi ses fils n’aura pas un jour à s’attrister de nos mauvaises actions. Il nous faut, en effet, lui obéir en tout temps, à l’aide des biens qu’il a mis en nous, afin que non seulement, tel un père offensé, celui-ci n’ait pas à déshériter un jour ses enfants, mais encore qu’en maître redoutable, irrité par nos méfaits, il n’ait pas à nous livrer à la peine éternelle, comme de très mauvais serviteurs qui n’auraient pas voulu le suivre jusqu’à la gloire.
Levons-nous donc enfin à cette exhortation de l’Écriture qui nous dit :  L’heure est venue de sortir de votre sommeil.  Les yeux ouverts à la lumière divine et les oreilles attentives, écoutons l’avertissement que nous adresse chaque jour cette voix de Dieu qui nous crie :  Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez vos cœurs !  ; et encore :  Qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises !  Et que dit-il ?  Venez, mes fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent. 
Et le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple auquel il fait entendre ce cri, dit encore :  Quel est l’homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ?  Que si, à cette parole, tu réponds :  C’est moi ! Dieu te dit alors :  Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses ; détourne-toi du mal et agis bien ; cherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous aurez fait ces choses, mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières, et avant même que vous m’invoquiez, je dirai : Me voici.  Quoi de plus doux pour nous, mes très chers frères, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa bonté, le Seigneur nous montre le chemin de la vie."
Saint Benoît de Nursie

jeudi 13 juin 2019

Charis, l'Esprit en marche...



En créant Charis, structure cherchant à unifier toutes les expressions du Renouveau charismatique, le pape François frappe fort. Désormais, il donne aux mouvements charismatiques les moyens de jouer un rôle fondamental auprès de l’Église toute entière. Pas de doute, la révolution de l’Esprit-Saint est en marche.
Le Vatican était-il préparé à un tel choc sismique ? Dans la salle Paul VI, se déroule un spectacle pour le moins inhabituel : un flot de chants en langue vient faire trembler ses murs. Une bourrasque d’Esprit-Saint. Et pour cause. Plus de 550 responsables de mouvements charismatiques sont réunis pour prier. Des quatre coins du monde, ils sont venus se préparer au lancement de Charis, un nouveau service unique pour le Renouveau charismatique lancé le 9 juin prochain, jour de la Pentecôte. Pour beaucoup, il s’agit d’un moment historique.

On les comprend car la nouveauté est de taille : sous la houlette du Dicastère pour la famille, les laïcs et la vie, le Saint-Siège offre par cette création une reconnaissance ecclésiale officielle. Si cet appui du Vatican marque un pas supplémentaire pour ce courant spirituel, il faut comprendre que ce nouvel outil permettra d’abord de viser “une plus grande communion” entre toutes les réalités charismatiques, a confié Jean-Luc Moens, son modérateur.

Concrètement, le pape François veut inviter toutes les institutions issues du Renouveau – écoles, communautés, instituts – à faire corps ensemble pour annoncer l’Évangile. Et ce, sans nier la richesse et la diversité de chacun d’entre eux ! De même, les mouvements charismatiques internationaux existants disparaissent pour laisser place à Charis.

De Joelle Dalle, Scènes bibliques
Mais cet appel à  l’unité a un but précis pour le pape François. Avec cet organe, le pape argentin  veut inviter les catholiques charismatiques à se mettre “au service de l’Église toute entière”, explique le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie.

Cette reconnaissance ecclésiale doit les pousser à partager leurs charismes avec tous les fidèles. Car le Renouveau, tel un “courant de grâce”, n’appartient à personne, mais doit s’écouler dans les veine de chaque fidèle et devenir le patrimoine de l’Église.
  
Pour enflammer les paroisses du monde entier, Charis fonde sa mission sur plusieurs points fondamentaux. Tout d’abord, ses membres sont appelés à promouvoir “la grâce du baptême dans l’Esprit-Saint à toute l’Église”. Cette expérience de l’effusion de l’Esprit, vécue dès la création du Renouveau charismatique dans les années 60, est appelée à être expérimentée de tous et ne doit plus se limiter à 120 millions de catholiques dans le monde. Similaire à ce que les apôtres ont vécu à la Pentecôte, le baptême dans l’Esprit-Saint consiste à être immergé, rempli de l’Esprit Saint.

 En outre, le service aux plus pauvres et la dimension œcuménique  sont appelés à grandir dans l’Église grâce à Charis. Ces lignes de mire ne visent pas autre chose que la promotion d’une nouvelle évangélisation, cœur du pontificat de François. Un autre enjeu : coopérer avec toute l’Église, et même ceux qui ne partagent pas cette forme de prière.

Dans les années à venir, Charis prévoit donc de déployer un arsenal de moyens dans le monde entier : dans chaque pays, seront créés “des services de communion”. À travers ces antennes, le service prévoit ainsi d’épauler toutes les expressions du Renouveau charismatique : en leur offrant des formations, en les aidant à discerner et en les encourageant dans leur mission. Mais surtout,  ces antennes favoriseront la mise en relation entre les évêques locaux et les délégués nationaux de Charis.

D’ailleurs, chaque conférence épiscopale a reçu une lettre du Saint-Siège l’informant du lancement du mouvement. Comme une préparation de l’Église à une nouvelle Pentecôte. Pour les catholiques charismatiques, l’enjeu est de taille et le cardinal Farrell l’a répété : ils doivent entrer en coopération avec “tous les évêques du monde” et tous les membres de l’Église. Et ce, même si ceux-ci ne partagent pas leur forme de prière. Un challenge que seul le Saint-Esprit leur permettra d’accomplir !

Né sous Paul VI, largement encouragé par Jean Paul II et confirmé par Benoît XVI, le Renouveau charismatique trouve aujourd’hui en François un partenaire de taille. Car si l’éclosion de Charis a été préparée par ses prédécesseurs, le pape argentin en est le véritable créateur.

En 2015, lors du Jubilé d’or et à la surprise générale, il avait lancé un appel pour réfléchir à la création d’un tel service. Et le cardinal Farrell de souffler que le pontife n’avait de cesse de le relancer sur le Renouveau à chaque fois qu’il le rencontrait ! Oui, le pape avait cette idée dans le cœur depuis bien longtemps… Ceux que l’on appelle avec humour les ”dévisseurs d’ampoules” sont désormais appelés à illuminer de leur feu l’Église. A l’Esprit-Saint, rien n’est impossible…
Claire Guigou , Aleteia 08 juin 2019







vendredi 31 mai 2019

Visitation...

 
"C'est le lieu de notre joie et de notre repos" 
                                                                  Jeanne de Chantal

jeudi 30 mai 2019

Ascension, homélie de Léon le Grand

Par Brian Jekel
Dans la solennité pascale, la Résurrection du Seigneur était la cause de notre joie ; de même, sa montée au ciel nous donne lieu de nous réjouir, puisque nous commémorons et vénérons comme il convient ce grand jour où notre pauvre nature, en la personne du Christ, a été élevée plus haut que toute l'armée des cieux, plus haut que tous les chœurs des anges, plus haut que toutes les puissances du ciel, jusqu'à s'asseoir auprès de Dieu le Père. C'est sur cette disposition des œuvres divines que nous sommes fondés et construits. La grâce de Dieu devient en effet plus admirable lorsque les hommes ayant vu disparaître ce qui leur inspirait de l'adoration, leur foi n'a pas connu le doute, leur espérance n'a pas été ébranlée, leur charité ne s'est pas refroidie.
Voici en quoi consiste la force des grands esprits, telle est la lumière des âmes pleines de foi : croire sans hésitation ce que les yeux du corps ne voient pas, fixer son désir là où le regard ne parvient pas. Mais comment une telle piété pourrait-elle naître en nos cœurs, comment pourrait-on être justifié par la foi, si notre salut ne consistait qu'en des réalités offertes à nos yeux ?
Ce qui était visible chez notre Rédempteur est passé dans les mystères sacramentels. Et pour rendre la foi plus pure et plus ferme, la vue a été remplacée par l'enseignement : c'est à l'autorité de celui-ci que devaient obéir les cœurs des croyants, éclairés par les rayons du ciel.
Cette foi, augmentée par l'Ascension du Seigneur, et fortifiée par le don du Saint-Esprit, n'a redouté ni les chaînes, ni les prisons, ni l'exil, ni la morsure des bêtes, ni les supplices raffinés de cruels persécuteurs. Dans le monde entier, c'est pour cette foi que non seulement des hommes, mais des femmes, et aussi de jeunes enfants et de frêles jeunes filles ont combattu jusqu'à répandre leur sang. Cette foi a chassé des démons, écarté des maladies, ressuscité des morts.
Par Macha Chmakoff
Les saints Apôtres eux-mêmes, fortifiés par tant de miracles, instruits par tant de discours, avaient cependant été terrifiés par la cruelle passion du Seigneur et n'avaient pas admis sans hésitation la réalité de sa résurrection. Mais son Ascension leur fit accomplir de tels progrès que tout ce qui, auparavant, leur avait inspiré de la crainte, les rendait joyeux. Ils avaient dirigé leur contemplation vers la divinité de celui qui avait pris place à la droite du Père. La vue de son corps ne pouvait plus les entraver ni les empêcher de considérer, par la fine pointe de leur esprit, qu'en descendant vers nous et qu'en montant vers le Père il ne s'était pas éloigné de ses disciples.
C'est alors, mes bien-aimés, que ce fils d'homme fut connu, de façon plus haute et plus sainte, comme le Fils de Dieu. Lorsqu'il eut fait retour dans la gloire de son Père, il commença d'une manière mystérieuse, à être plus présent par sa divinité, alors qu'il était plus éloigné quant à son humanité.
C'est alors que la foi mieux instruite se rapprocha, par une démarche spirituelle, du Fils égal au Père; elle n'avait plus besoin de toucher dans le Christ cette substance corporelle par laquelle il était inférieur au Père. Le corps glorifié gardait sa nature, mais la foi des croyants était appelée à toucher, non d'une main chamelle mais d'une intelligence spirituelle, le Fils unique égal à celui qui l'engendre.
Léon le Grand

dimanche 12 mai 2019

Mois de Marie...


Je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime,
Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon coeur
Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
Si je te contemplais dans ta sublime gloire
Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux
Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !...
...
Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui.
Aimer c'est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton cœur maternel,
Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel.
...
Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor... Mère... voici le soir !...
Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême
Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant
Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime
Et redire à jamais que je suis ton enfant !...
                                                                      Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

mercredi 8 mai 2019

La tendresse... Jean Vannier

Jean Vannier, fondateur de l'Arche, est entré en son éternité le 7 mai 2019...

Le cœur de l'Arche, c'est la tendresse, 
et le message que l'on souhaite transmettre, c'est : Je t'aime comme tu es.


samedi 4 mai 2019

M'aimes-tu ?

Nous voulons évoquer l’échange entre Jésus et Pierre après la Résurrection, où Jésus demande trois fois à Pierre s’il l’aime : Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » - « Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. « Jésus lui dit : « Pais mes brebis. » Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : « M'aimes-tu ? », et il lui dit : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. « (Jn 21, 15-17).

Avant d’être un échange qui aurait une incidence sur le rôle de Pierre dans le collège des apôtres, le récit souligne avant tout, encore une fois, l’exigence de l’amour : la vocation de l’homme est d’abord d’aimer Dieu, hier, aujourd’hui, demain. Si l’amour de Dieu envers les hommes est constant, il n’en n’est pas ainsi pour l’amour des humains : nous pouvons aimer aujourd’hui, mais pas demain. Chaque jour Jésus nous demande : M’aimes-tu ? Chacun jour, comme Pierre, il nous incombe de répondre : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime.

On peut voir dans le texte grec de cet échange une exigence d’amour encore plus élevée. La première et la deuxième fois que Jésus demande à Pierre : M’aimes-tu ?, le texte grec utilise le mot agapas, du substantif agapè, mot habituellement désigné pour exprimer l’Amour divin. Pierre répond avec le mot philo, du substantif philia, qui exprime l’amour humain. À la troisième échange, Jésus utilise le mot phileis et Pierre répond de nouveau avec le mot philo. On peut voir dans ce choix de verbes dans le texte grec un appel à un amour pour Jésus, pour Dieu, plus élevé que l’amour entre les hommes : Jésus nous invite à l’aimer, à aimer Dieu, avec le même amour que Dieu nous aime – Jésus nous avait déjà invité, dans le sermon sur la montagne, à être parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5,48).
Paul Ladouceur

dimanche 28 avril 2019

Ouvre la porte de ton ciel... Bx G. de Saint Thierry

Bourdichon, "gdes heures d'Anne de Bretagne"
Les richesses infinies de ta Gloire, Seigneur, étaient profondément cachées dans le ciel de ton Secret, jusqu'à ce que, par la lance du soldat, les Sacrements de notre rédemption se répandent du côté ouvert de ton Fils, notre Seigneur et notre Rédempteur ; de telle sorte que nous ne mettions plus, comme Thomas, nos doigts en Son côté, mais que nous entrions tout entiers jusqu'à ton Cœur, Jésus, par cette porte ouverte, là où la miséricorde est certaine, jusqu'à ton âme sainte, pleine de toute la plénitude de Dieu, pleine de grâce et de vérité, de notre salut et de notre consolation.

Ouvre-nous, Seigneur, la porte de l'arche de Ton côté, pour qu'entrent tous ceux que Tu sauveras de la venue de ce déluge qui inonde la terre ; ouvre-nous le Côté de ton Corps, pour qu'entrent ceux qui désirent voir les secrets du Fils, et qu'ils reçoivent les Sacrements qui en débordent et le prix de leur rédemption. 
Ouvre la porte de ton Ciel, pour que ceux que Tu as rachetés voient les biens du Seigneur sur la terre des vivants, eux qui peinent encore sur la terre des mourants ; qu'ils les voient et qu'ils les désirent, qu'ils brûlent et qu'ils courent, eux pour qui Tu as été fait la Voie par laquelle on va jusque-là, la Vérité à laquelle on va, la Vie pour laquelle on va : la Voie, exemple d'humilité ; la Vérité, exemple de pureté ; la Vie, celle qui est éternelle. 
Bienheureux Guillaume de Saint-Thierry

dimanche 21 avril 2019

"Qu’est-ce que le Printemps" Marie Noël










Alléluia ! Fais, ô soleil, la maison neuve ! 
Mes sœurs, que chacune se meuve
Avec des mains de ménagère et des doigts gais…
C’est Pâques ! Jetons hors les poussières obscures, 
Frottons de sable fin les clefs et les serrures, 
Pour que la porte s’ouvre en paix. 

Cirons doux, cirons vif les battants des armoires, 
La fenêtre en rit dans leurs moires ! 
Frottons ! Qu’elle se mire au luisant du parquet. 
Vêtons-lui ses rideaux de fraîche mousseline…
Quel ouvrage ! A-t-on cuit le gâteau d’avelines
Et mis sur la table un bouquet ? 

Alléluia ! Nous avons fini d’être mortes, 
De jeûner, de fermer nos portes, 
Le cœur clos et gardé par les effrois pieux. 
Le Prêtre a délivré la flamme et les eaux folles, 
Notre âme sort et s’amuse dans nos paroles
Et notre jeunesse en nos yeux.

Ouvre tout grand la porte à la Semaine Sainte. 
Mon cœur en moi sautille et tinte
Ainsi qu’une clochette en or vif qui se tut
Et s’en revient de Rome après les temps mystiques
Me donner l’envolée et le ton des cantiques
Pour l’allégresse du salut. 

Mais avec ma corbeille il faut que je m’en aille
Chercher les œufs frais dans la paille…
Aux vignes d’alentour ont fleuri les crocus
En rondes d’or et tenant leurs mains verdelettes
J’ai vu dans les fossés des nids de violettes
Et des coucous sur les talus. 

Les poules ont pondu très loin dans la campagne. 
Dans le matin qui m’accompagne ? 
Venez-Vous-en seul avec moi, mon Bien-Aimé…
Quelle parole avant d’y penser ai-je dite ? 
Où donc est ce Bien-Aimé-là, dis, ma petite ? 
Qui d’un tel Nom as-tu nommé ? 

Est-ce Jésus, ô moi qui ne connais point d’homme ? 
Le Dieu martyr que dans Son somme
Hier nous avons veillé toute la nuit au cœur, 
Pleurant d’amour sur Son tombeau, de deuil voilées ? 
Est-ce le Printemps doux et ses graines ailées
Qui nous a soufflé dans le cœur ? 

Mon bien-aimé, ce n’est qu’un mot, ce n’est personne. 
Mais de l’avoir dit je frissonne
Et je suis parfumée et je suis en rumeur
Comme une fiancée au roi qui l’aime offerte, 
Je frémis et me sens comme la terre, ouverte
Toute grande aux pieds du semeur. 

Quel germe au loin flottant va me voler dans l’âme ? 
Quel est le grain qu’elle réclame
Pour être avec les fleurs une fleur de l’été
Et pour porter des fruits quand passera l’automne ?… 
Il est doux, invisible et léger, il chantonne
A travers le vent enchanté.

Qu’est-ce que le Printemps, ô Jésus, mon doux Maître ? 
L’Ange des révoltes peut-être
Qui change d’un regard et la terre et les eaux
Pour me séduire et m’agite neuve et rebelle, 
Moi qui devrais vous être une calme chapelle
Ainsi que l’herbe et les rameaux. 

Ah ! De lui maintenant pourras-tu me défendre ? 
Ô Christ, il Te fallait l’attendre
Sur ta Croix de salut tous les jours sans guérir
Et me faire couler sur le cœur, de Tes plaies, 
Ton sang, pour que cherchant Tes épines aux haies, 
A Tes pieds j’adore mourir. 

Mais ce matin que l’Ange a remué la pierre, 
Ô Toi debout dans la lumière, 
Ressuscité de l’aube aux pieds couleur du temps, 
Toi qui dans le jardin as rencontré Marie
Que feras-Tu, jardinier de Pâques fleuries, 
Pour me défendre du Printemps ? 

 Marie Noël