dimanche 25 décembre 2016

Si c'était vrai...



Dites, dites, si c'était vrai

S'il était né vraiment à Bethléem, dans une étable

Dites, si c'était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin
Pour lui porter l'or, la myrrhe, l'encens
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai tout ce qu'ils ont écrit Luc, Matthieu
Et les deux autres,
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai le coup des Noces de Cana
Et le coup de Lazare
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai ce qu'ils racontent les petits enfants
Le soir avant d'aller dormir
Vous savez bien, quand ils disent Notre Père, quand ils disent Notre Mère
Si c'était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh, sûrement je dirais oui
Parce que c'est tellement beau tout cela
Quand on croit que c'est vrai.

Jacques Brel

dimanche 11 décembre 2016

dimanche 4 décembre 2016

Avent : Homme, éveille-toi...

"Homme éveille-toi: pour toi, Dieu s'est fait homme. Réveille-toi, ô toi qui dors..." Dans un vibrant sermon de Noël, saint Augustin invite son auditoire à sortir du sommeil. La vie chrétienne, en effet, est une longue et patiente marche vers l'éveil. C'est au cours d'une mauvaise "nuit" de plein jour que, sur la Croix, le Christ aux outrages rend son dernier souffle. C'est de nuit que l'Enfant de la Promesse offre son premier souffle à l'humanité. Entre l'aube de la Nativité et l'aurore du matin de Pâques, une vie est à mener sur des sentiers de clair-obscur.

Quelques éblouissements, peut-être, une bonne brassée de doute sûrement, et un patient dialogue, sans cesse à reprendre, avec l'Éternel: voici l'humaine traversée spirituelle qui s'offre à tant et tant de chercheurs de Dieu

"La foi? C'est 24 heures de doute moins une minute d'espérance", disait Bernanos.

L'Avent qui s'offre à nous est ce temps béni où il nous faut mettre au monde - souvent malgré le monde - cette toute petite minute d'espérance. Car, c'est la nuit qu'il est bel et bon de croire à la lumière.

L'Avent a le tranchant du ciseau à bois qui vient nous creuser l'âme pour en faire un berceau.

L'Avent donne soudain à l'attente ce doux goût de miel de la naissance annoncée.

Voici l'Avent qui vient, sans crier gare, bousculer notre temps, secouer nos torpeurs, tenter, vaille que vaille, de nous remettre en marche sous l'éclat d'une étoile.

Voici déjà que se profile la grande nuit de Noël, "l'immense nuit des origines" où Dieu, descendu de son ciel, vient, à ras de terre, dans une mauvaise étable, prendre chair et respirer du souffle d'un nourrisson fragile.

Voici la grande nuit qui, de son incomparable éclat, va chasser toutes nos obscurités. Lumineuse nuit de l'Incarnation, de la "mise en chair" du Fils de l'Homme qui, sous nos yeux ébahis, "s'envisage", prend mystérieusement figure humaine, devient "Sainte Face" pour poser son regard de tendresse sur nos failles et toutes nos misérables "pailles". Vertigineuse minute où, dans le corps et le cœur d'une femme, l'espérance prend naissance. Marie prend sur son sein son tout-petit, mais c'est Dieu le "Tout-Aimant" qui prend l'humanité dans ses bras.

Cette douce nuit de Noël, effraction de l'Esprit dans nos horizontalités embourbées, il nous faut la préparer. Oh!, il ne s'agit pas de se lancer dans une activité fébrile, serait-elle "spirituelle", mais plutôt de se "laisser faire", de laisser l'Esprit nous indiquer le sens de notre existence en nous murmurant à l'oreille:" Que fais-tu de ta vie?"

Noël sera Noël si chacune et chacun de nous osons enfin prendre le temps de l'agenouillement devant le Fils de Dieu qui, en nous, tente de naître.

Noël sera Noël s'il y a en notre étable intérieure un peu de place pour que vienne y accoucher la divine Espérance.


Bertrand Révillion: revue Panorama, déc. 2008.

dimanche 20 novembre 2016

Fête du Christ Roi...

Le Christ règne-t-il sur nos vies en vérité ? 

Alors, peut-être, pour répondre honnêtement à cette question, pourrons-nous prendre un temps de silence en nous laissant porter par les choeurs de l'abbaye de Solesmes ? 

dimanche 13 novembre 2016

L'espérance... A. Chédid


J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie

Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits


                               
Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries
Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir







J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.


Andrée Chedid "Une salve d'avenir"

dimanche 6 novembre 2016

La culture de la vigne spirituelle


Le vigneron s'en ira tailler dans sa vigne les pousses folles. S'il ne le faisait pas et s'il les laissait sur le bon bois, sa vigne ne donnerait qu'un vin aigre et mauvais. Ainsi doit faire l'homme noble : il doit s'émonder lui-même de tout ce qui est désordre, déraciner à fond toutes ses manières d'être et ses inclinations, qu'il s'agisse de joie ou de souffrance, c’est-à-dire tailler les mauvais défauts, et cela ne brise ni la tête, ni le bras, ni la jambe. Mais retiens le couteau jusqu'à ce que tu aies vu ce que tu dois couper. Si le vigneron ne connaissait pas l'art de la taille, il couperait tout, aussi bien le bois noble qui doit bientôt donner du raisin que le mauvais bois, et il ruinerait le vignoble. Ainsi font certaines gens. Ils ne connaissent pas le métier. Ils laissent les vices, les mauvaises inclinations dans le fond de la nature, taillant et rognant la pauvre nature elle-même. 

La nature en elle-même est bonne et noble : que veux-tu y couper ? Au temps de la venue des fruits, c’est-à-dire de la vie divine, tu n'aurais plus qu'une nature ruinée…
Jean Tauler, sermon 7 

lundi 31 octobre 2016

Concitoyens des saints...

Pourquoi notre louange à l’égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n’ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c’est pour nous que cela importe, non pour eux. Pour ma part, je l’avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir. Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore, stimule en nous, le voici : nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d'être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d’être mêlés à l’assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs, au chœur des vierges, bref d’être associés à la joie et à la communion de tous les saints. Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n’en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n’en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions ! Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d’en-haut ; ces réalités, savourons-les. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu’ils comptent sur nous, accourons par nos désirs spirituels. Ce qu’il nous faut souhaiter, ce n’est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu’en désirant leur présence, nous ayons l’ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l’ardeur et les efforts que cela suppose. Car cette ambition-là n’a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour« une telle gloire. Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, Lui qui est notre vie, et paraître nous aussi avec Lui dans la gloire. Jusque-là, Il ne se présente pas à nous comme Il est en Lui-même, mais tel qu’Il s’est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés. Il serait honteux que, sous cette tête couronnée d’épines, un membre choisisse une vie facile, car toute la pourpre qui le couvre doit être encore non pas tant celle de l’honneur que celle de la dérision. Viendra le jour de l’avènement du Christ : alors on n’annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui. La Tête apparaîtra dans la gloire et avec elle, les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d’humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c’est lui la Tête. Cette gloire, il nous faut la convoiter d’une absolue et ferme ambition. Et vraiment, pour qu’il nous soit permis de l’espérer, et d’aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher aussi, avec le plus grand soin, l’aide et la prière des saints afin que leur intercession nous obtienne ce qui demeure hors de nos propres possibilités ».
 Extrait d’un Sermon de Saint Bernard de Clairvaux pour la Solennité de la Toussaint


samedi 15 octobre 2016

Notre Père, Thérèse d'Avila

Toi, tu es notre Père; et toi, Christ, le fils de Dieu. Comment nous fais-tu le don merveilleux de ces premiers mots de notre prière.


Notre Père qui es aux cieux. Ô mon Seigneur, comme on voit bien que vous êtes le Père d'un tel Fils et que votre Fils est bien le fils d'un tel Père ! Soyez-en béni à tout jamais. Une aussi grande faveur ne devrait-elle pas être exprimée plutôt à la fin de notre prière ? Mais c'est dès le début que vous emplissez nos mains et nous accordez une telle grâce ! Notre entendement devrait en être rempli et notre volonté si bien s'en pénétrer qu'il ne soit plus possible d'articuler une seule parole.

Oh mes filles, que la contemplation parfaite viendrait ici bien à propos !

Oh ! Que l'âme aurait raison de rentrer en elle-même afin de pouvoir mieux se dépasser : Ce Fils béni lui ferait alors comprendre ce qu'est ce séjour où réside son Père qui est dans les cieux ! Quittons la terre, mes filles ! Il n'est pas juste qu'après avoir saisi le prix inouï d'une telle faveur, nous en fassions si peu de cas et demeurions sur la terre.
Ô Fils de Dieu, Seigneur de mon âme, pourquoi donnez-vous tout à la fois dès le premier mot. Alors que vous vous humiliez au point de vous unir à nos demandes, de vous faire le frère de si pauvres, si misérables créatures, comment nous donnez-vous, au nom de votre Père, tout ce qui peut se donner, puisque vous voulez qu'il nous considère comme ses enfants ! Et votre parole ne peut rester inefficace. Vous l'obligez donc à accomplir quelque chose qui n'est pas peu : s'il est notre Père, il est obligé de nous supporter, si graves que soient nos offenses. Si, comme l'Enfant Prodigue, nous nous tournons vers lui, il doit nous pardonner, il doit nous consoler dans nos peines, nous nourrir comme il convient à un tel Père, contraint d'être le meilleur de tous les pères puisqu'en lui tout est parfait, et il doit en outre nous rendre avec vous participants de sa vie et héritiers…





vendredi 14 octobre 2016

Homélie du père Patrice Gourrier, 9 octobre 2016

Cette semaine, quelqu’un m’a demandé : « Mais à la messe, dois-je être triste ou joyeux ? ». C’est une excellente question. On voit bien qu’elle détermine toute une pastorale : la messe doit-elle être conçue comme une grande fête ? Un repas partagé où tous nous sommes joyeux ? Ou bien au contraire doit-elle être appréhendée avec une certaine austérité, voire gravité, favorisant dans le meilleur des cas de la profondeur ? En lisant quelques textes et notamment ceux de l’évêque de Mende au XVIIe siècle, je répondrai : « les deux ».
En effet, en l’espace de soixante minutes, nous éprouvons des émotions bien différentes et la liturgie nous invite, nous oriente dans nos émotions : nous arrivons en reconnaissant que nous sommes pécheurs. Peut-on être joyeux en reconnaissant au plus profond de son cœur que nous avons manqué d’amour, que nous n’avons pas partagé avec ceux qui ont besoin, que nous avons été médisants, succombant à la critique continuelle des uns et des autres ? Non, notre péché doit nous faire horreur. Que dirait un médecin s’il voyait un malade arriver avec un plaie béante en déclarant : « Mais c’est merveilleux, je saigne, j’ai mal, mais c’est fantastique, ne faites rien, laissez comme cela ! ». Le médecin dirait : « Cette personne ne va pas très bien dans sa tête, elle est blessée, elle saigne, elle a mal, elle a besoin d’être soignée. ». C’est pourquoi, lorsque nous allons chez le médecin avec une plaie béante, saignante, nous pleurons de douleur et nous demandons au médecin de nous soulager. Par analogie, il en est de même au début de la célébration : Notre péché nous fait mal, nous souffrons. C’est pourquoi nous arrivons tristes, le cœur chargé face à cette blancheur immaculée de Dieu représentée ici par une nappe. Oui, c’est pourquoi nous devrions aller même jusqu’à pleurer. Mais nous ne pleurons plus face à notre péché et d’ailleurs tout à l’heure lorsque nous avons chanté « 
Kyrie Eleison, Christe Eleison », étions-nous dans le chant, les paroles du chant ou dans notre péché ?
Oui, au début de la célébration, nous sommes appelés à être tristes et je crois qu’il est important que nous puissions retrouver cette notion fondamentale en spiritualité, sur laquelle le pape François insiste si souvent : les larmes. « J’ai manqué d’amour, cela me fait pleurer face à la bonté de Dieu. J’ai été médisant, cela me fait pleurer face à la bonté de Dieu ». Certains diront : « Tout cela c’est du sentiment, de la sensiblerie », mais les larmes sont symboliques de l’état de notre cœur. Si nous ne pleurons plus face à notre péché, c’est que nous sommes habitués au péché : « Oh, bien sûr, j’ai été médisant, et bien, j’irai me confesser, le curé me pardonnera. Dieu pardonne toujours, ce n’est pas bien grave ! ».
Si nous souhaitons réellement devenir des saints, et c’est pourquoi nous sommes ici, si nous souhaitons emprunter ce chemin, nous devons avoir horreur de notre péché.
C’est la première partie de la célébration : une tristesse intérieure, une pesanteur. Les Pères n’hésitaient pas à parler, lorsqu’ils abordaient le péché, de graisse spirituelle qui nous appesantit. Mais alors commence le miracle : la Parole de Dieu se donne et cette Parole nous relève, nous élève. Au lieu de regarder le sol du fait de notre péché, nous nous mettons à regarder le ciel avec espérance, parce que la Parole de Dieu est une parole d’amour. Parce que Dieu nous prend dans ses mains, avec une délicatesse infinie. Il prend nos blessures, nos péchés et nous amène plus haut, toujours plus haut. Un peu comme ce lépreux de la première lecture ou les dix lépreux de l’Évangile : « Jésus, Maître, prends pitié de nous », c’est ce qu’ils lui ont crié et alors Jésus les a guéris. Il nous guérit par sa Parole, Il nous guérit par son Eucharistie, par la communion. Alors, de la tristesse nous passons à la joie, parce que, quand nous entendons la Parole de Dieu, il n’y a plus de place à la tristesse, Dieu ne condamne pas, Dieu relève. Lorsque nous communions, nous sommes éblouis intérieurement, illuminés : Dieu se donne à moi ! Mais oui, Dieu se donne à moi parce qu’Il veut que je devienne comme Lui, Il veut que je m’élève, et c’est pourquoi, à la fin de la célébration, nous partons avec cette parole ultime : « Allez dans la paix du Christ ».
Nous sommes passés de la tristesse de notre péché à la joie par la Parole et par l’Eucharistie et nous repartons en paix.
Ainsi, à la messe, nous sommes appelés à passer de la tristesse à la joie et les deux sont fondamentaux. Nous ne pouvons pas seulement durant la messe taper des mains et être dans la joie, ce serait oublier que nous ne sommes pas encore comme Dieu. Nous ne pouvons pas, non plus, avoir des faces de carême durant toute la célébration, cela signifierait que la Parole de Dieu glisse sur nous, que l’Eucharistie glisse sur nous et que nous restons enfoncés dans notre péché, ça en deviendrait pathologique. Oui, à la messe, nous passons de la tristesse à la joie.
Intervient un dernier élément fondamental aujourd’hui, inspiré par la lecture : c’est l’action de grâce. C’est être capable de dire à Dieu : « Mon Dieu, merci. Merci pour tout ce que Tu me donnes », « Oui, j’étais pécheur, oui, je n’ai pas été toujours aimable, et malgré tout, Dieu se donne et m’élève, alors pour ça, je Lui dis merci ».
C’est ce qui se passe dans cette lecture très instructive de l’Évangile : dix lépreux ont été purifiés, ils ont été guéris, mais il n’y en a qu’un seul, en plus un étranger, même pas un juif, qui vient voir le Christ pour lui dire : « Merci », et Celui-ci lui déclare : « Relève-toi et va, ta foi t’a sauvé ». On a l’habitude d’interpréter ce texte en disant que dix lépreux ont été guéris physiquement mais qu’un seul a été sauvé intérieurement parce qu’il a su rendre grâce.
Alors, vous le voyez, une célébration comme la nôtre se termine par un bouquet de fleurs, par un bouquet de joies. Nous repartons réellement illuminés, non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour être capables, de par la lumière de nos yeux, de la clarté de nos paroles, d’aider ceux et celles dont nous croiserons la route cette semaine, parce que la joie, le bonheur n’ont de valeur que s’ils sont partagés.
Amen.

samedi 1 octobre 2016

Thérèse, docteur de l'Eglise







Depuis cet heureux jour,
que l'Amour me pénètre et m'environne, 
il me semble qu'à chaque instant
cet Amour Miséricordieux me renouvelle.

S Thérèse de l'Enfant Jésus et de la St Face


Mon chant d'Aujourd'hui, Thérèse de Lisieux.

Ma vie n'est qu'un instant, une heure passagère,
Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t'aimer sur la terre
Je n'ai rien qu'aujourd'hui !... [...]


Que m'importe Seigneur, si l'avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !...
Conserve mon coeur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd'hui.

Si je songe à demain je crains mon inconstance
Je sens naître en mon coeur la tristesse et l'ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, l'épreuve, la souffrance
rien que pour aujourd'hui. [...]


Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face. 
Là je n'entendrai plus du monde le vain bruit
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce
Rien que pour aujourd'hui. [...]



Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L'Eternel Aujourd'hui !



mercredi 28 septembre 2016

Ô femmes...

Ô femmes, ô mères, vous savez le frisson de la vie imprimée dans la chair:
par vos larmes, par vos chants, par vos vies, offertes et vulnérables,
faites en force et faiblesse inextricablement jointes pour un secret de la mise à l'existence, don et réponse nouées en forme de oui,
ô femmes, vous êtes mères dans l'éternelle paternité de Dieu
-mères pour être au monde les entrailles de Dieu, frémissantes de compassion,
et savoir que la vie en Dieu est féminine.

Soeur Marie Ricard, "Les trois nuits d'Abraham"

dimanche 18 septembre 2016

De la prière du Seigneur, extraits, Cyprien de Carthage.






Frères et sœurs bien aimés, quand nous nous mettons debout pour prier, nous devons veiller à nous appliquer à la prière de tout notre cœur.



Chassons toute pensée concernant les soucis et les affaires de ce monde, ne pensons qu'à prier. C'est pourquoi le prêtre, avant la prière eucharistique, prépare le cœur des frères et sœurs chrétiens, par ce dialogue :
"Elevons notre cœur !"
Le peuple répond :
"Nous le tournons vers le Seigneur !"
Par là, nous sommes avertis que nous devons penser seulement au Seigneur. Que la porte de notre cœur soit fermée à l'adversaire et ouverte à Dieu seul, pour ne pas laisser l'ennemi entrer en nous au moment de la prière.


Souvent en effet, il se glisse doucement et pénètre en nous, plein de ruse il nous trompe, il éloigne nos prières de Dieu. Alors nous avons une chose dans la bouche et une autre dans le cœur.
Oui, nous devons nous adresser à Dieu avec une intention pure : le bruit des paroles ne suffit pas, ce sont notre esprit et notre cœur qui doivent prier.

Quand tu pries le Seigneur, tu manques vraiment de ferveur  si tu te laisses emporter et prendre par des pensées stupides et inutiles !
Est-ce que tu as quelque chose de plus important à penser que de parler avec Dieu ? Comment peux-tu demander à Dieu de t'écouter quand toi, tu ne t'écoutes pas toi-même ? Tu veux que Dieu se souvienne de toi quand tu pries, alors que toi, tu ne te souviens même pas de toi-même !

En agissant ainsi, tu ne te protèges pas complètement contre l'ennemi.
En agissant ainsi, au moment même où tu pries, tu offenses le Dieu très grand par ta négligence dans la prière.
En agissant ainsi, tes yeux veillent mais ton cœur dort.
Or un chrétien doit garder son cœur éveillé, même quand il dort.
Il est écrit dans le Cantique des cantiques, et c'est l'Eglise qui parle : je dors mais mon cœur veille. (Ct 5,2) Voilà pourquoi l'Apôtre donne ce conseil plein de sagesse et de prudence : soyez fidèles à la prière et veillez en priant (Col 4,2).

Par là, il nous enseigne et nous montre ceci : nous pouvons obtenir de Dieu ce que nous lui demandons si Dieu nous voit veiller dans la prière.
 

Cyprien de Carthage, "de la prière du Seigneur".





samedi 10 septembre 2016

Soeur Emmanuelle: nous aimer vivants !


A l'affamé appartient le pain que tu gardes,
A l'homme nu le manteau que recèlent tes coffres,
Au va-nu-pieds la chaussure qui pourrit chez toi,
Au miséreux l'argent que tu tiens enfoui…
Ainsi opprimes-tu autant de gens que tu en pourrais aider.
                                                                St Basile

Si l'on pousse plus loin l'analyse, on arrive à saisir l'essentiel de ces cris, de cette révolte : elle est un torrent aux sources divines qui dévale des montagnes éternelles; elle ne comporte pas une once de haine contre la richesse, mais des tonnes de compassion pour la pauvreté, pour la pauvre humanité. Ce n'est pas facile d'être homme, ni frère d'un autre homme ! La virulence des apostrophes des prophètes et du Christ n'a d'autre but que de nous extraire de notre indifférence, de nous pousser vers le chemin d'éternité qui n'est autre qu'un chemin de justice.
Je garde la fierté d'avoir collaboré avec les révoltés, ceux qui ont su, dans notre siècle, être la "voix des hommes sans voix", ceux qui ont bataillé sans répit, la main tendue vers les gisants pour qu'ils se mettent debout et marchent en hommes libres dans un monde où, enfin, la fière maxime de la révolution ne s'inscrira plus seulement sur la pierre de nos monuments mais dans la chair des citoyens :
Liberté, égalité, fraternité !
Yalla, en avant, luttons tous contre nos terrifiants égoïsmes : ils sont eux, semences de mort.
Lançons-nous dans le partage : il est lui, semence de vie, car il inaugure l'authentique fraternité.

Il faut nous aimer, mes frères, il faut nous aimer vivants !

dimanche 4 septembre 2016

La joie à laquelle j'aspire...

"J'ai peur parfois car je ne possède rien, ni intelligence, ni instruction, ni aucune des qualités requises pour un tel travail, et pourtant, je Lui dis que mon coeur est affranchi de tout et qu'il Lui appartient donc complètement à Lui, et à Lui seul. Il peut se servir de moi comme il Lui plaira le mieux. La joie à laquelle j'aspire est seulement de Lui plaire."

Que ces quelques mots de mère Teresa deviennent nôtres en vérité, c'est notre prière...


Le Silence, Mère Thérésa




Vous devez être emplies de silence, car, dans le silence du cœur, Dieu parle. Un cœur vide, Dieu le remplit. Même Dieu Tout-Puissant ne peut remplir un cœur plein, plein d’orgueil, d’amertume, de jalousie ; nous devons renoncer à ces sentiments. Tant que nous nous y accrochons, Dieu ne peut pas le remplir. Silence du cœur, pas seulement de la bouche, qui est aussi nécessaire, mais plus encore, ce silence de l’esprit, silence des yeux, silence du toucher. Alors vous pouvez L’entendre partout : dans le bruit d’une porte qui se ferme, dans la personne qui a besoin de vous, dans le chant des oiseaux, dans les fleurs, les animaux, ce silence qui est émerveillement et louange.
Mère Thérésa

lundi 22 août 2016

Un petit geste à notre secours...

Chapelle des pénitents noirs.
Je peux citer une autre figure qui a été importante pour moi, celle du père José Ramon Aristi, […]
Lui aussi était un grand confesseur, beaucoup de gens et de prêtres allaient le voir. Lorsqu'il confessait, il donnait son chapelet aux pénitents et leur faisait tenir dans la main la petite croix, puis il s'en servait pour leur donner l'absolution, et les invitait à la baiser. Quand il est mort, le soir du samedi saint, j'étais alors évêque auxiliaire de Buenos Aires. Je suis allé le voir le lendemain, le dimanche de Pâques, après le déjeuner, et je me suis rendu dans la crypte de l'église. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de fleurs à côté de son cercueil, et je suis allé chercher un bouquet à l'extérieur; puis je suis rentré et j'ai entrepris de les installer. J'ai vu alors le chapelet entortillé autour de ses mains : j'ai détaché la petite croix et je lui ai dit en le regardant : "donne-moi la moitié de ta miséricorde !" Depuis, cette petite croix contre ma poitrine ne m'a jamais quitté. Quand j'ai une mauvaise  pensée sur quelqu'un, j'approche ma main et je touche cette croix. Ça me fait du bien. 

Pape François
"Le nom de Dieu est Miséricorde" 

vendredi 12 août 2016

Un regard orthodoxe : la Dormition de Marie, P. Lev Gillet.

La troisième des grandes fêtes d'été est la commémoration de la mort de la Bienheureuse Vierge Marie, appelée en langage liturgique la " Dormition " de Notre-Dame. C'est, du point de vue liturgique, la plus importante des fêtes de la Vierge. Elle est précédée par un jeûne de deux semaines, le " Carême de la Mère de Dieu ", analogue à celui qui précède la fête de Saint Pierre et Saint Paul ; ce carême commence le 1er août et dure jusqu'au 14 août inclus. La fête elle-même a lieu le 15 août.
Beaucoup de traits de cette fête sont empruntés à d'autres fêtes de la Vierge. On remarquera que les portions de l'Écriture lues le 15 août ne font aucune allusion à la mort de la Sainte Vierge. C'est dans les chants des vêpres et des matines qu'il faut chercher la signification particulière que l'Église attribue à la fête du 15 août.
Cette signification est double. Elle se trouve exactement exprimée dans cette phrase chantée aux vêpres : " La source de vie est mise au sépulcre et son tombeau devient l'échelle du ciel ". La première partie de la phrase – " la source de vie est mise au sépulcre " – indique que nous commémorons la mort de la très sainte Vierge. Si nous célébrons pieusement, chaque année, les anniversaires de la mort du Précurseur, des apôtres et des martyrs, à plus forte raison célébrons-nous la mort de la Mère de Dieu, qui est aussi notre mère, et qui dépasse en sainteté et en gloire tous les élus. Mais la fête du 15 août est plus que la commémoration de la mort de Marie. La deuxième partie de la phrase dit : " … et son tombeau devient l'échelle du ciel ". La tombe de quiconque est mort dans le Christ est, d'une certaine manière, une échelle qui conduit au ciel. Cependant le cas de Marie est exceptionnel. Les textes liturgiques que nous chantons impliquent autre chose : " Ouvrez larges vos portes et… accueillez la Mère de la lumière intarissable… Car, en ce jour, le ciel ouvre son sein pour la recevoir… Les anges chantent ta très sainte Dormition… que nous fêtons avec foi… Que tout fils de la terre tressaille en esprit… et célèbre dans la joie la vénérable Assomption de la Mère de Dieu ". On le voit, il ne s'agit pas seulement de la réception de l'âme de Marie dans le ciel. Quoique la fête du 15 août ne porte pas, dans le calendrier liturgique byzantin, le nom de fête de l'Assomption (comme c'est le cas dans l'Église latine), nos textes expriment la croyance en l'assomption corporelle de Marie. Selon cette croyance, le corps de Marie n'a pas connu la corruption qui suit la mort ; il n'est pas resté dans le tombeau ; Marie ressuscitée a été transportée au ciel par les anges (l'Assomption diffère de l'Ascension en ce que le Christ s'est élevé lui-même au ciel).
L'Assomption de Marie est située en dehors – et au-dessus – de l'histoire. La croyance en l'Assomption ne s'appuie ni sur un récit biblique, ni sur des témoignages historiques scientifiquement recevable. Elle n'a été l'objet d'aucune définition dogmatique. L'Église n'a, jusqu'ici, imposé à aucun fidèle d'affirmer le fait de l'Assomption corporelle de Marie. Mais, si l'affirmation (intérieure ou extérieure) n'est pas exigée par l'Église, on peut dire que la conscience orthodoxe considérerait la négation active de l'Assomption non seulement comme une témérité, mais comme un blasphème. D'ailleurs, comment nier un fait qui n'est susceptible d'aucune vérification historique ? La croyance en l'Assomption ne se fonde pas sur des preuves documentaires. La conscience catholique, éclairée par le Saint-Esprit, s'est peu-à-peu persuadée que, si " le salaire du péché, c'est la mort (Rm 6,23) ", Marie a dû remporter sur la mort une victoire spéciale. Ainsi que Jésus (et toutes proportions gardées), elle a été glorifiée dans son corps. C'est cette glorification de la toute pure et toute sainte Mère de Dieu dans son âme et dans sa chair – et non point tel ou tel symbolisme matériel et telles ou telles circonstances historiques – qui constitue l'objet de la fête du 15 août.

L'Assomption est la fête, non seulement de Marie, mais de toute la nature humaine. Car, en Marie, la nature humaine a atteint sa fin. Une semaine après le début de l'année liturgique nous célébrons la naissance de la très Sainte Vierge. Deux semaines avant la fin de l'année liturgique, nous célébrons la mort et la glorification de Marie. Ainsi, associé et subordonné au cycle de la vie de Jésus, le cycle de la vie de Marie manifeste le destin et le développement d'une nature humaine entièrement fidèle à Dieu. Avec Marie, c'est le genre humain qui est emporté et reçu au ciel. Marie a des privilèges qui ne peuvent pas être les nôtres. Mais ce parfait épanouissement de la grâce en Marie, que nous admirons le 15 août, nous suggère quelle pourrait être la ligne de développement d'une âme qui s'appliquerait à faire fructifier en elle-même les grands dons reçus au cours de l'année liturgique, – le don de Noël, le don de Pâques, le don de la Pentecôte.

Méditation avec le père Lev Gillet

dimanche 7 août 2016

Transfiguration, mystère de lumière...



La Transfiguration

La matière est transfigurée dans le Royaume de Dieu.

Pourquoi les quatre Évangiles ne nous disent jamais rien de la couleur de la peau et des cheveux de notre Sauveur Jésus-Christ. Aucun Évangile ne nous dit à quoi le visage de Jésus-Christ ressemblait, en tant qu'homme, ou quelle était la couleur de ses cheveux. Pourquoi ? Parce que le visage de l'homme vivant sur la terre change, il est provisoire, pour qu'il soit transformé au Royaume des Cieux.

Le seul passage où les Évangiles disent comment est le visage du Christ, est le moment de la Transfiguration, car il est comme nous le verrons dans l'éternité, dans la gloire, à savoir que la matière devient intérieure à l'esprit, alors que maintenant l'esprit est caché dans la matière.

La matière est transfigurée dans le Royaume de Dieu: elle est transformée, atténuée, spiritualisée, dès lors que l'esprit ou l'âme lumineuse règne sur le corps. Ainsi, la Transfiguration de Jésus Christ, notre Sauveur, nous montre Son visage Éternel qui nous appelle à Lui.

Par le Primat de l'Église Orthodoxe roumaine, le Patriarche Daniel. 
Homélie de la Transfiguration, 6 août 2012

jeudi 28 juillet 2016

Chant du choeur du monastère orthodoxe à Cantauque...



"A la mère de Dieu et Vierge Marie"
Un chant à Marie simple et beau...

Icône de l'Hiéromoine Nicodème de Nice

lundi 25 juillet 2016

L'amour ne peut être oisif, Bx. F. Palau



 L'amour ne peut être oisif dans le cœur humain : il travaille dans la mesure où on lui donne aliment et, selon l'objet auquel il se dirige, il prend les noms suivants :

Amour vierge, nouveau et jeune, ou ancien et prouvé.

Amour chaste.

Amour naturel, pur ou impur.

L'amour virginal est celui qui naît d'un cœur vierge et tend de toutes ses forces à son objet propre. : cet amour, tant qu'il est nouveau, cherche Dieu seulement; et croyant que Dieu sans la relation au prochain suffit, il en reste là, il stationne là; et s'il n'en sortait pas pour se répande sur le prochain, l'égoïsme spirituel le consumerait et le perdrait. Ainsi donc, la chose aimée comme objet principal est Dieu, mais il y a en plus le prochain (les hommes) qui, unis à Dieu-homme comme des membres à une tête forment un corps, et ce corps moral est l'Eglise sainte. La foi catholique, donc, quand elle découvre à l'amour son objet propre, s'il n'y a pas empêchement dans le cœur, cet amour marche avec toute la plénitude de ses forces vers lui, et l'amour unit celui qui aime avec la chose aimée comme le feu dans de nombreuses bûches. Cet amour, chez un jeune, est nouveau et le temps le perfectionne. Chez un ancien qui l'a nourrit dans son cœur avec soin, il œuvre en plénitude.



L'amour chaste est celui que l'on trouve chez les gens mariés; chaste également est l'amour des personnes consacrées à l'amour divin. Chez les gens mariés, il œuvre d'ordinaire très lentement, parce que son objet est très partagé et c'est chose facile que de le détourner en lui donnant un appât qui le tue.



L'amour naturel s'oriente vers tout ce qui est aimable et agréable; et si ceci est une chose défendue ou mauvaise, il est impur, et si c'est une bonne chose dans l'ordre naturel, il est licite.



L'amour pur, chaste, virginal, œuvre dans la solitude avec toute la plénitude de ses forces, parce qu'il peut, là, voir avec toute la clarté possible son objet propre, qui est l'Eglise sainte, ou Dieu dans le prochain.

Dans la solitude, la retraite, le silence, il œuvre avec toute son efficacité parce que, là, personne ne le distrait. L'objet de l'amour fixé au cœur humain par la loi est immense, infini; et si grand que, notre capacité a beau être presque immense, il remplit tout le cœur si celui-ci est vide ; et pour ces opérations, la conversation est une gêne. (Cf 1 Co 7, 32-34)
 Bx  Francisco Palau y Quer, "Mes relations"