vendredi 28 décembre 2018

Noël... Toutes les femmes du monde.


Soir froid, tout en glace retenue…
Tout à l'heure, une célébration de silence, une action de grâce pleine et douce, au creux de l'oratoire. Des mots, bien sûr, paroles offertes, de celles qui habitent le silence et l'épousent sans trouble…
C'est un temps de Noël, tout en tendresse. Les bougies inventent sur les murs chaulés d'improbables crèches que la chaleur du poêle fait danser, tout est enclos d'amour, les mains se joignent et prient, le mystère s'accomplit encore une fois dans le pain et le vin…

Et le silence dévoile l'offrande : un enfant nouveau-né, une femme rit et baise les petits pieds nus… instant de joie pure… et toutes les femmes du monde jouent avec les petits pieds doux comme des pattes de chat, les baisent et rient, et rient tous les enfants du monde dans les yeux de l'Enfant… instant de joie !

Et le silence ploie au pied du Fils dans une femme en pleurs, pleurs de pure joie, et les cheveux de soie, les cheveux de laine, toutes les femmes du monde lavent la poussière, baignent de larmes claires les plaies écrites, déjà, qu'elles seules voient… pleurs de pure joie sous le voile de laine… pleurs de pure douleur déjà, "une épée te transpercera l'âme", déjà.

Et le silence s'émerveille : assise aux pieds du Fils, une femme attentive. Elle a tout laissé, même son désir de le servir. Elle écoute son silence, elle écoute sa voix, elle écoute ses gestes. Eternité de joie… Et toutes les femmes du monde veillent devant la Vie, l'écoutent, la reçoivent dans leurs mains, dans leur ventre, puis la donnent… et doucement, silencieusement, aiment.

Eternité de joie.

M. F. "Noël 2011"

lundi 24 décembre 2018

Nuit de Noël... M. Zundel



La nuit de Noël, Dieu vient naître parmi nous, Dieu cherche à naître en nous. Il se peut que le grand problème de notre vie ne soit pas tellement de vivre, mais finalement de naître ! Car, nous ne sommes pas l’homme que nous paraissons être : célèbre ou inconnu, riche ou démuni, habile ou maladroit…. Tout cela c’est l’apparence des choses.
Nous sommes un homme qui cherche à naître.

Si tu sais en toi cette pulsation merveilleuse qui te porte à ne pas être aujourd’hui ce que tu étais hier, tu es en train de naître.
Si tu te sens aujourd’hui capable d’un amour tout neuf que tu n’espérais pas hier, tu es en train de naître.
Si tu te fais aujourd’hui tout-petit devant Jésus, pour te laisser conduire dans sa Lumière, tu es en train de naître.
Sois sûr que la plus grande chose de la vie ce n’est pas de vivre, c’est de naître constamment pour ne pas être vieux.

Puisses-tu garder de cette nuit la saveur d’une rencontre : la confiante et humble certitude que tu es appelé indéfiniment à être et tout autant, appelé à faire naître les autres.
Et voici qu’inlassablement, Noël après Noël, jour après jour, Dieu frappe à ta porte et demande à naître en toi !
Maurice Zundel

mercredi 19 décembre 2018

Noël nouvelet... Chorale de Saint Ferdinand des Ternes



Les petits chanteurs de Saint Ferdinand des Ternes interprètent un cantique de Noël qui date sans doute du XVIe siècle : « Noël nouvelet ». Nouvelet signifie en français de la Renaissance : né depuis peu. Autrement dit : Noël qui vient, naissance de Dieu maintenant, ou Noël chaque année nouveau.
C’est le compositeur Jehan Alain qui a harmonisé ce chant traditionnel en 1938. Deux ans après, le 20 juin 1940, avec les Cadets de Saumur dans la défense de la Loire, il est mort à l’âge de 29 ans.
C’est l’émerveillement devant un miracle si simple : un enfant nait et c’est l’espoir du monde qui renait, parce que Dieu s’est fait tout petit, enfant.
Les petits chanteurs prêtent leur voix aux bergers et aux anges : « chantons ici, disons à Dieu merci ! Chantons Noël pour le Roi nouvelet. De vers Bethléem, vit Joseph et Marie, l'âne et le bœuf, l'Enfant couché par lit, la crèche était au lieu d'un bercelet ».
Mis en ligne par : Retraite dans la ville

lundi 17 décembre 2018

Avent, temps d'espérance... 3ème dimanche


Espérance… Où sont-ils, les vivants d'espérance, où sont-ils si, au cœur de leur église, ils la pensent au-delà, plus tard, comme un rêve merveilleux qui  n'aurait pas sa place ici; où en sont-ils de leur vie ? De ce qu'ils appellent la foi ? Comment ne pas percevoir cette venue profonde au cœur de chacun, cette poussée de silence : espérer n'est pas un futur, c'est un présent, dans tous les sens du mot. Un chemin d'aujourd'hui, et d'aujourd'hui, et d'aujourd'hui… 
Il n'y a pas de demain. Il y a la beauté, la paix, la joie, qui germe en l'homme à son rythme, se déploie... alors émerge enfin à la lumière d'ici et se révèle un peu plus le Royaume. Il n'est pas de ce monde, bien sûr, mais il habite au cœur du monde comme un secret et une… J'allais écrire victoire, ou gloire peut-être, ou peut-être les deux. Certainement les deux. Il peut y avoir entre ces deux aujourd'hui le temps d'un vie ou d'un sourire, ou le clin d'oeil d'un ange, il peut y avoir un abîme de vertige ou le fragile d'une feuille d'or, il n'y a jamais de demain… Nous n'avons qu'aujourd'hui, infiniment, pour vivre et pour aimer. 

Que cherchent-ils ces voyageurs d'espoirs déçus, tous ceux qui projettent l'espérance comme un moteur pour avancer vers… Tous ceux qui se plongent dans ce qu'ils appellent la réalité et qui n'en voient plus que les troublantes apparences de haines, d'orgueils, de désespoirs, de joies aussi, et de plaisirs… 
Ici, tout est pluriel, la vie se fragmente à l'infini sur nos pauvres miroirs et nous plonge dans un mauvais songe ou une ivresse plus ou moins joyeuse.

Espérer, attendre… Il y a deux façons d'attendre : quelque chose doit venir à quoi on s'accroche au risque de se lasser, car ce quelque chose viendrait de l'extérieur, on ne sait trop quand, on ne sait même pas si c'est vrai, ou attendre comme on attend un enfant... on disait : elle est en espérance d'enfant. Cet enfant, il va naître, il grandit en la femme, grandit sous la main de son père, fruit d'amour…

L'espérance, c'est la certitude de cet amour qui fruite en silence en nos cœurs épousés de l'Esprit, cette attente bénie et agissante qui invente un espace de douceur, nourrit et protège ce fruit sans même que nous en ayons conscience, aujourd'hui, et puis aujourd'hui, et puis aujourd'hui… dans ce présent qui est tout entier porte d'éternité.

L'espérance est au présent. Elle ne peut qu'être au présent. 

Alors le Royaume affleure dans nos vies, alors enfin la joie, la paix, l'amour…
M.F. "Les nuits de feu"


jeudi 6 décembre 2018

Chemin...

Cheminer
Au-delà de soi

Déchiffrer
L'empreinte de ses pas

Contempler
Le mystère de la foi

Marcher
En quête de quoi ?

Ecouter
La réponse viendra

Prier
Le reste attendra


Partir
Vers l'horizon de lumière

Lire
Les messages qui espèrent

Saisir
Ses mots flottants dans les airs

Venir
Au cœur du redoutable hiver

Réfléchir
Dans la quiétude de l'éphémère

Finir
Simplement par une prière





dimanche 2 décembre 2018

Avent... 1er dimanche


"Préparez le chemin du Seigneur." Le chemin du Seigneur, frères, qu'il nous est demandé de préparer se prépare en marchant. On y marche dans la mesure où on le prépare. Même si vous vous êtes beaucoup avancés sur ce chemin, il vous reste toujours à le préparer, afin que, du point où vous êtes parvenus, vous soyez toujours tendus au-delà. 

Voilà comment, à chaque pas que vous faites, le Seigneur à qui vous préparez les voies vient au-devant de vous, toujours nouveau, toujours plus grand.
Aussi est-ce avec raison que le juste prie ainsi : "Enseigne-moi le chemin de tes volontés et je le chercherai toujours." On donne à ce chemin le nom de vie éternelle, peut-être parce que bien que la providence ait examiné le chemin de chacun et lui ait fixé un terme jusqu'où il puisse aller, cependant la bonté de celui vers lequel vous vous avancez n'a pas de terme. C'est pourquoi le voyageur sage et décidé pensera commencer lorsqu'il arrivera. Il oubliera alors ce qui est derrière lui pour se dire chaque jour : "Maintenant, je commence."


Mais nous qui parlons d'avancée dans ce chemin, plût au ciel que nous nous soyons mis en route ! A mon sens, quiconque s'est mis en route est déjà sur la bonne voie : il faut toutefois qu'il ait vraiment commencé, qu'il ait trouvé le chemin de la ville habitée, comme dit le psaume. qu'ils sont peu nombreux ceux qui la trouvent, dit la Vérité. Qu'ils sont nombreux ceux qui errent dans les solitudes...
Et toi Seigneur, tu nous as préparé un chemin, si seulement nous consentons à nous y engager. Tu nous as enseigné le chemin de tes volontés en disant : Voici le chemin, suivez-le sans vous égarer à droite ou à gauche. C'est le chemin que le Prophète avait promis : "Il y aura une route droite et les insensés ne s'y égareront pas." J'ai été jeune, maintenant je suis vieux et, si j'ai bonne mémoire, je n'ai jamais vu d'insensés sur ton chemin, Seigneur, c'est tout juste si j'ai vu quelques sages qui aient pu le suivre tout au long. Malheur à vous qui êtes sages à vos yeux et qui vous dites prudents, votre sagesse vous a éloignés du chemin du salut et ne vous a pas permis de suivre la folie du Sauveur.

Si tu es déjà sur le chemin, ne perds pas ta route ; tu offenserais le Seigneur qui lui-même t'a conduit. Alors il te laisserait errer dans les voies de ton coeur. Si ce chemin te paraît dur, regarde le terme auquel il te conduit. Si tu vois ainsi le bout de toute perfection, tu diras : "Comme ils sont larges tes ordres." Si ton regard ne va pas jusque-là, crois au moins Isaïe le Voyant qui est l'oeil de ton corps. Il voyait bien ce terme lorsqu'il disait : "Ils marcheront par ce chemin, ceux qui ont été libérés et rachetés par le Seigneur, et ils viendront dans Sion avec des cris de joie. Un bonheur éternel transfigurera leur visage, allégresse et joie les accompagneront, douleur et plainte auront pris fin." Celui qui pense à ce terme, non seulement trouve le chemin court, mais encore a des ailes, de sorte qu'il ne marche plus, il vole vers le but. Que par là vous conduise et vous accompagne celui qui est le chemin de ceux qui courent et la récompense de ceux qui arrivent au but : Jésus-Christ."

Sermon du bienheureux Guerric D'Igny