dimanche 10 décembre 2023

Avent... 2eme dimanche

 Aucun des évangélistes n'a montré la divinité de Jésus d'une manière aussi absolue que Jean, qui lui fait dire : C'est moi la lumière du monde (Jn 8, 12), C'est moi le chemin, la vérité et la vie (Jn 14, 6), C'est moi la résurrection (Jn 11, 25), C'est moi la porte (Jn 10, 9), C'est moi le bon berger (Jn 10, 11), et dans l'Apocalypse, C'est moi l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier (Ap 22, 13).

Il faut donc oser dire que, de toutes les Ecritures, les Evangiles sont les prémices et que, parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean, dont nul ne peut saisir le sens s'il ne s'est renversé sur la poitrine de Jésus (Jn 13, 25) et n'a reçu de Jésus Marie pour mère. Et, comme Jean, on s'entende désigner par Jésus comme étant Jésus lui-même. Car, selon ceux qui ont d'elle une opinion saine, Marie n'a pas d'autre fils que Jésus ; quand donc Jésus dit à sa mère : Voici ton fils (Jn 19, 26) et non "Voici cet homme est aussi ton fils", c'est comme s'il lui disait : "Voici Jésus que tu as enfanté". En effet, quiconque est arrivé à la perfection ne vit plus mais le Christ vit en lui (Ga 2, 20) et puisque le Christ vit en lui, il est dit de lui à Marie: Voici ton fils, le Christ.

Origène Commentaire sur St Jean, I, 22-23

vendredi 8 décembre 2023

Marie, Vierge bénie


O femme pleine de grâce, comblée de grâce, dont la plénitude débordante fait reverdir toute la création ! O Vierge bénie, et plus que bénie : par sa bénédiction est béni tout ce qui existe, non seulement la créature par le Créateur, mais aussi le Créateur par la créature !

Ce Fils, que Dieu aimait comme lui-même parce qu'il était le seul être engendré de son cœur qui fût son égal, ce Fils, Dieu l'a donné à Marie; et l'homme né de Marie, il en a fait son Fils, non pas un autre, mais le même, de sorte qu'il est par nature le même Fils unique, commun à Dieu et à Marie. Toute la création est l'oeuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a engendré Dieu ! Dieu qui a tout fait, s'est fait lui-même à partir de Marie, et c'est ainsi qu'il a recréé tout ce qu'il avait créé. Lui qui a pu tout faire à partir de rien, il n'a pas voulu refaire sans Marie sa création profanée. 

Dieu est donc le Père de l'univers créé, et Marie la mère de l'univers recréé. Dieu est le Père de l'établissement de toutes choses, et Marie la mère de leur rétablissement. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a enfanté celui par qui tout a été sauvé. 

St Anselme

dimanche 3 décembre 2023

Avent... 1er dimanche

Sa louange sans cesse à ma bouche. Le prophète semble bien faire là une promesse impossible. Comment en effet la louange de Dieu pourrait-elle être toujours dans la bouche de l'homme ? 

Quand il parle, lors de ses conversations habituelles qui ont trait à sa vie, il n'a pas la louange de Dieu à la bouche. Quand il dort, il se tait complétement. Quand il mange ou boit, comment sa bouche louerait-elle ?

Nous répondons à cela qu'il y a aussi une bouche spirituelle de l'homme intérieur, qui est nourrie quand elle reçoit la Parole de vie qui est le Pain descendu du ciel. De cette bouche parle aussi le prophète : J'ai ouvert la bouche et j'ai attiré l'Esprit. Le Seigneur nous invite également à tenir notre bouche grande ouverte pour accueillir plus abondamment les aliments de la Vérité : Ouvre largement ta bouche et je la remplirai.

La pensée de Dieu, une fois gravée et comme scellée au plus profond de l'âme, peut donc être appelée louange de Dieu, résidant toujours dans l'âme. L'homme vertueux est alors en mesure de tout faire pour la gloire de Dieu, selon le conseil de l'Apôtre, de sorte que toute action, toute parole, toute activité intellectuelle a force de louange. En effet, qu'il mange ou qu'il boive, le juste fait tout pour la gloire de Dieu.

 Basile de Césarée Homélie sur le Psaume 33

samedi 25 novembre 2023

Black Friday...

Manger, boire, se marier, acheter et vendre, planter et bâtir, tout cela qui remplit la vie et qui peut être noble, ne doit pas cacher l’avenir que Dieu fera, ni boucher l’horizon du Royaume. Puisque tout cela doit finir, la sagesse de l’Évangile dissuade de s’y attarder au point de perdre toute liberté et toute vigilance. Le chrétien vit les joies saines du monde sans cesser d’attendre celles que Dieu promet, tout comme il vit les détresses du monde sans cesser d’espérer la victoire du Dieu qui est amour. Et nous-mêmes qui essayons de vivre, au nom de l’Église, une existence vouée à la prière, il nous faut renoncer constamment à mettre notre joie et notre sécurité dans l’œuvre de nos mains ou de notre esprit, dans ces idoles qui enchaînent le cœur. Nous ne saurions adhérer aux choses, aux choses à faire et à posséder, alors que Dieu est là, le Maître des choses, qui attend notre amour.

Dieu qui est et qui était, ne cesse pas d’être le Dieu qui vient. Dieu qui s’est donné et se donne demeure toujours le Dieu qui se promet. Car dès maintenant nous sommes fils de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté (1 Jn 3, 2).

Dieu, qui nous a mis en route et qui nous accompagne, reste encore tous les jours, dans le mystère, celui qui vient au-devant de nous.

Jean-Lévêque, O.C.D.