L'oratoire Saint François d'Assise change d'adresse.
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"De l'un à l'autre", le blog de l'oratoire saint François d'Assise. Un espace dédié à l'amour du Christ et la compassion infinie envers tous les êtres qui habitaient le Poverello... et tant d'autres !
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Tant de
silence...
L’oratoire
respire doucement dans la paisible joie de Noël. Les messes sont en pause mais
la prière demeure.
Dieu
veille : il a invité largement, secondé par des anges enthousiastes qui lui
ont répondu oui sans plus se poser de questions. Anges un peu froissés, enf-anges
peut-être ? Le cœur au creux des mains et la joie en offrande… Au marché,
au bistrot, partout où les rencontres se nouent et se dénouent, l’éclat de leur
espérance ouvre les portes aux chercheurs de paix, aux assoiffés, aux hors-pistes…
Le Semeur
est sorti pour semer et conduire lui-même le petit troupeau que son Cœur
rassemble, ses bien-aimés cueillis au bord des routes, dans les bois, sur les
places. Il sait bien que ses serviteurs ont trop à faire, ils sont trop peu
nombreux, trop blessés pour aller chercher aux « périphéries », trop
mal perçus aussi, englués dans l’obscur. Alors Lui, y va. Il Lui suffit de
trouver un cœur simple, un peu cassé… un peu capable d’aimer : il n’a
besoin que de notre pauvreté…

Un jour étrange, de bleu et de larmes…
Je voudrais vous parler de Noël autrement, vous parler de
Noël du point de vue de Dieu. Approchons-nous comme les bergers du mystère de
Dieu, du mystère du Noël de Dieu… en ôtant nos sandales, c’est-à-dire pieds
nus, comme un pauvre, dans le silence du cœur.
Dieu en Jésus nous a rejoints, il a expérimenté l’homme
jusqu’à en mourir. Il s’est fait petit enfant dans les bras de Marie, une
enfant elle aussi, qui avait su dire oui, qui avait accepté, sans trop
comprendre, le jusqu’au bout de l’amour de Dieu. Elle est là et elle nous montre
son petit enfant, son agneau. Comme tant d’hommes et de femmes aujourd’hui, ils
n’ont pas trouvé d’endroit où se réfugier. Rien qu’une écurie, pendant que
l’auberge est pleine et qu’on y fait la fête, « Il est venu chez les
siens et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1 11), mais il demeure offert,
jusqu’à la fin des temps. Offert à la crèche, livré à la Croix. Il est allé
jusqu’au bout de l’amour, il a visité le séjour des morts, au plus profond de
nos enfers, pour nous offrir la miséricorde du Père, nous faire entendre la
prière du Père, orphelin de ses enfants…
Georgette Blaquière, message de
Noël 1993 à Radio Jéricho.
Écoutons alors Marie nous supplier au nom du Seigneur de
nous approcher… avec toutes nos vieilles peurs de Dieu. Donnons-les Lui !
Voilà le cadeau qu’il faut apporter à la crèche.
Georgette Blaquière, « L’Évangile de Marie »
St Augustin : De la sainte virginité, XXXVI, 36
Il faut donc oser dire que, de toutes les Ecritures, les Evangiles sont les prémices et que, parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean, dont nul ne peut saisir le sens s'il ne s'est renversé sur la poitrine de Jésus (Jn 13, 25) et n'a reçu de Jésus Marie pour mère. Et, comme Jean, on s'entende désigner par Jésus comme étant Jésus lui-même. Car, selon ceux qui ont d'elle une opinion saine, Marie n'a pas d'autre fils que Jésus ; quand donc Jésus dit à sa mère : Voici ton fils (Jn 19, 26) et non "Voici cet homme est aussi ton fils", c'est comme s'il lui disait : "Voici Jésus que tu as enfanté". En effet, quiconque est arrivé à la perfection ne vit plus mais le Christ vit en lui (Ga 2, 20) et puisque le Christ vit en lui, il est dit de lui à Marie: Voici ton fils, le Christ.
Origène Commentaire sur St Jean, I, 22-23
Ce Fils, que Dieu aimait comme lui-même parce qu'il était le seul être engendré de son cœur qui fût son égal, ce Fils, Dieu l'a donné à Marie; et l'homme né de Marie, il en a fait son Fils, non pas un autre, mais le même, de sorte qu'il est par nature le même Fils unique, commun à Dieu et à Marie. Toute la création est l'oeuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a engendré Dieu ! Dieu qui a tout fait, s'est fait lui-même à partir de Marie, et c'est ainsi qu'il a recréé tout ce qu'il avait créé. Lui qui a pu tout faire à partir de rien, il n'a pas voulu refaire sans Marie sa création profanée.
Dieu est donc le Père de l'univers créé, et Marie la mère de l'univers recréé. Dieu est le Père de l'établissement de toutes choses, et Marie la mère de leur rétablissement. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a enfanté celui par qui tout a été sauvé.
St Anselme
Sa louange sans cesse à ma bouche. Le prophète
semble bien faire là une promesse impossible. Comment en effet la louange
de Dieu pourrait-elle être toujours dans la bouche de l'homme ?
Quand il parle, lors de ses
conversations habituelles qui ont trait à sa vie, il n'a pas la louange de Dieu
à la bouche. Quand il dort, il se tait complétement. Quand il mange ou
boit, comment sa bouche louerait-elle ?
Nous répondons à cela qu'il y a aussi
une bouche spirituelle de l'homme intérieur, qui est nourrie quand elle reçoit
la Parole de vie qui est le Pain descendu du ciel. De cette bouche parle aussi
le prophète : J'ai ouvert la bouche et j'ai attiré l'Esprit. Le
Seigneur nous invite également à tenir notre bouche grande ouverte pour
accueillir plus abondamment les aliments de la Vérité : Ouvre largement
ta bouche et je la remplirai.
La pensée de Dieu, une fois gravée et
comme scellée au plus profond de l'âme, peut donc être appelée louange de Dieu,
résidant toujours dans l'âme. L'homme vertueux est alors en mesure de tout
faire pour la gloire de Dieu, selon le conseil de l'Apôtre, de sorte que toute
action, toute parole, toute activité intellectuelle a force de louange. En
effet, qu'il mange ou qu'il boive, le juste fait tout pour la gloire de Dieu.
Dieu qui est et qui était, ne cesse pas d’être le Dieu qui vient.
Dieu qui s’est donné et se donne demeure toujours le Dieu qui se promet. Car
dès maintenant nous sommes fils de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore
été manifesté (1 Jn 3, 2).
Dieu, qui nous a mis en route et qui nous accompagne, reste encore
tous les jours, dans le mystère, celui qui vient au-devant de nous.
Jean-Lévêque, O.C.D.